WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Private Equity / Private equity

Private Equity
Private equity

Start-up : après le temps des licornes, celui… des cafards !

Les jeunes pousses à plus d’un milliard de dollars sont de plus en plus pointées du doigt pour leur valorisation exubérante, malgré un business model à prouver. Les investisseurs pourraient bientôt leur préférer les sociétés capables de résister aux chocs les plus rudes.
Licorne
Licorne

Mary-Jo White, patronne du tout-puissant régulateur des marchés financiers (la SEC), n’y est pas allée par quatre chemins pour dénoncer les valorisations mirobolantes affichées par les «licornes », ces start-up qui cherchent à en « mettre plein la vue » aux investisseurs, en sacrifiant parfois la transparence et la crédibilité dans l’élaboration de leur business model. Un devoir qu’elles ont pourtant vis-à-vis de leurs investisseurs, tout autant que les sociétés cotées, a rappelé la dirigeante. Un discours qui tombe à un très mauvais moment pour les stars de la Silicon Valley, qui commencent à perdre de leur aura auprès des investisseurs venture, mais aussi des institutionnels qui sont venus se « frotter » à cette classe d’actifs.

Au dernier trimestre, les investisseurs spécialisés sur les marchés cotés, comme les fonds mutuels et les hedge funds, ont abondé 168 start-up pour un total de 8,1 milliards de dollars, contre 223 opérations pour 13,5 milliards de dollars trois mois plus tôt, selon la société de recherche CB Insights. Parmi les plus actifs figurent BlackRock, Fidelity Investments, T Rowe Price et Wellington Management, qui détiennent chacun plus de 40 « licornes » dont Uber, Snapchat, Dropbox ou encore WeWork. Selon le Wall Street Journal, quelque 13 d’entre elles sont désormais valorisées en moyenne 28% en dessous de leur prix de revient. Plus ennuyeux encore, ils emploient des méthodes de valorisation opaques et propres à chacun, d’où des différences notables dans les comptes : ainsi en décembre dernier, T Rowe Price valorisait Dropbox à un prix 62% inférieur à celui retenu par Hartford Management au même moment !

Il ne faut pourtant pas dramatiser l’exposition de ces grands investisseurs, qui manient l’argent des cotisants, aux start-up. La réglementation limite les investissements illiquides à 15% de leurs actifs sous gestion, mais les licornes ne représentent la plupart du temps qu’une petite minorité. Pourtant, l’engouement s’essouffle à vue d’œil, d’autant que ces investisseurs n’ont pas vraiment d’horizon de sortie en Bourse pour le moment. Le marché américain n’a enregistré aucune IPO technologique au premier trimestre, même si Secureworks, une filiale de Dell spécialisée dans la cybersécurité, doit briser cette traversée du désert en lançant une IPO à près de 2 milliards de dollars ce mois-ci.

Faute de monétisation via une IPO et étant donné que les levées de fonds auprès du venture se compliquent aussi, les « licornes » doivent adapter leur personnage mythologique et muer vers ce que certains appellent désormais des « cafards ». A savoir des animaux certes peu séduisants mais qui sont capables de survivre à des crises de grande ampleur, comme la fermeture des financements. Les start-up de ce type seront celles qui sauront s’adapter rapidement, réduire drastiquement leurs coûts afin de survivre sans capitaux frais, mais aussi se déplacer rapidement, adapter leur business model à un environnement changeant. Mais il s’agit également d’un process vertueux, dans la mesure où il obligera les jeunes sociétés à se montrer créatives sur leurs ressources et la manière de les employer. Faute de quoi elles mourront ou seront avalées par un plus gros prédateur, un géant de la tech comme Google, Microsoft, Cisco ou Salesforce.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article