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La chute de CGG en Bourse s'accélère
L’effondrement du cours de CGG commence vraiment à prendre des proportions inquiétantes. En recul de plus de 12% cette semaine, l’action est ainsi passée sous le seuil des 3 euros pour s’équilibrer actuellement à 2,88 euros. Le repli atteint près de 30% sur un mois, 70% sur 6 mois, 86% sur un an et…99,6% sur 5 ans. L’an passé, le groupe avait procédé à un regroupement d’actions par 32, lui conférant une nouvelle valeur faciale de 22 euros à cette occasion. Mais depuis, le groupe a multiplié les annonces concernant sa restructuration financière, annonces pour le moins anxiogènes qui ont manifestement poussé certains actionnaires à sortir.
Les dernières nouvelles sont pourtant relativement rassurantes : la firme a obtenu, début juillet, l’engagement de ses créanciers pour souscrire à l’accord de placement privé de 375 millions de dollars de nouvelles obligations à haut rendement de second rang. Et ce faisant, elle a également finalisé et signé les accords contraignants, avec plus de 75% de ses créanciers qui se sont engagés ainsi à soutenir le plan de restructuration. Enfin le 28 juillet, la société de services géophysiques a annoncé que le projet de plan de sauvegarde avait été adopté par les comités de créanciers en France. La prochaine étape décisive pour l’avenir de CGG sera l’approbation du plan de restructuration financière en Assemblée Générale Extraordinaire des actionnaires prévue fin octobre. "Nous aurons besoin d’un vote positif pour finaliser notre restructuration financière et procéder en fin d’année ou en tout début d’année prochaine à l’augmentation de capital réservée et à l’émission des obligations high yield", a précisé Jean-Georges Malcor, le patron du groupe. A noter que l’augmentation de capital de 125 millions de dollars, réservée aux actionnaires actuels de CGG, sera garantie à hauteur de 80% par DNCA, les 20% restants devant l’être ultérieurement par un pool bancaire.
Pourquoi une telle désaffection depuis quelques jours, alors qu’aucune nouvelle saillante ne semble être sortie ? Il faut savoir que deux actionnaires vendent d’importants paquets de titres ces dernières semaines. Cela a commencé par Bpifrance, passé sous le seuil des 10%. La banque publique a été suivie par un actionnaire arrivé l’an passé, à savoir Jean-Paul Bize qui, via son holding AMS Energie, vient d’annoncer être passé sous le seuil des 5% après avoir détenu 8,3% du capital en novembre 2016. Sans doute continue-t-il à réduire la voilure au sein de la firme de géophysique si l’on en juge par les importants volumes de transactions qui accompagnent ce reflux actuel. Ces deux actionnaires, on le sait, ne soutiennent pas le plan de restructuration élaboré par la direction. Si Bpifrance ne devrait pas sortir plus franchement au risque de mettre à mal la société, ce que la manne publique ne souhaite pas, Jean-Paul Bize n’a pas les mêmes contraintes politiques.
Autre explication de ce nouvel accès de faiblesse de l’action : la prise en compte par les différents actionnaires de l’entreprise de l’énorme dilution à venir à l’issue de la gigantesque conversion de dette (plus grosse opération de ce type jamais organisée en France). Le capital devrait effectivement passer de 23 millions d’actions à…700 millions de titres. Et si l’on en croit les experts qui ont fait leurs calculs, le prix de cette dilution devrait ramener le cours de la valeur aux alentours de 2,50/2,70 euros.
Verdict, en tout cas, fin octobre lors de l’AGE des actionnaires, qui auront entre leurs mains le sort de CGG puisqu’en cas de vote négatif, c’est tout le plan de restructuration qui sera mis au panier.
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