WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Private Equity / Private equity

Private Equity
Private equity

Parkeon, Vivarte : ces LBO où les dirigeants engrangent et les salariés trinquent

Parkeon, leader mondial des horodateurs, devrait être vendu par ICG et European Capital et les dirigeants se partager 53 millions d’euros. Chez Vivarte, les hedge funds actionnaires ont lancé le plus gros PSE français de l'année, sur 1500 emplois.
Vivarte
Vivarte

Il est loin le temps où Arnaud Montebourg, le tonitruant ministre du Redressement Productif, s’insurgeait contre les LBO et leur vision de court terme, destructrice d’emplois. Non pas que ces modèles ne prolifèrent plus en France, mais plutôt ils ne soulèvent plus le tollé politique et médiatique. Deux exemples permettent aujourd’hui de s’en rendre compte.

Tout d’abord, Vivarte, dont la restructuration financière avait fait grand bruit l’an passé, lorsqu’un pool de hedge funds emmené par Oaktree, Babson et Alcentra avaient transformé leur dette de 2,1 milliards d’euros en equity et pris le contrôle du groupe d’habillement (Kookaï, Minelli, Caroll, La Halle), en promettant une enveloppe de 500 millions d’euros. Fin octobre 2014, le jour même du changement de contrôle, ils licenciaient le P-dg Marc Lelandais et le remplaçaient par un spécialiste du retournement, Marc Simonin. Le groupe a fait profil bas pendant quelques mois et la campagne des départementales, puis annoncé quatre plans de sauvegarde de l’emploi successifs au printemps dernier. Un total de 1500 postes supprimés, soit le plus important plan social français de l’année.

Bien rompus à l’exercice, les fonds anglo-saxons compriment les coûts et font remonter du cash pour optimiser la rentabilité. Le groupe, qui a dégagé un Ebitda positif d’environ 60 millions d’euros l’an passé, a reçu 31 millions d’euros d’allègements fiscaux au titre de la loi Fillon sur les bas salaires, ainsi que 16 millions de CICE. La CFDT dénonce certaines pratiques, comme la vente du magasins La Halle de Perpignan à une autre entreprise du groupe, la Compagnie Européenne de la Chaussure, sans les salariés, ce qui viole l’obligation de reclassement du PSE. Ils réduisent également le nombre d’entités : les sièges et la logistique de Kookaï et Naf Naf sont mis en commun, de façon à ce que les vêtements Kookaï soient à terme vendu dans des boutiques Naf Naf. Au plan financier, la dette corporate a été jugulée à 800 millions d’euros mais le chèque de 500 millions d’euros est en réalité un prêt revolving qui donne lieu à des taux élevé et sera remboursé en priorité aux créanciers propriétaires. Les syndicats attendent l’arrivée d’un spécialiste du retail l’été prochain afin de préparer une revente du groupe d’ici à 2018.

Parkeon a de son côté une histoire différente, mais qui porte tout autant à polémique. Repris en LBO bis par Barclays PE en 2007, le fabricant de solutions de stationnement et de billetterie de transport avait ensuite subi deux restructurations financières, au terme desquelles les créanciers mezzanine, ICG et European Capital, ont pris les rênes de l’entreprise. En mai dernier, le groupe publiait pour la première fois des résultats satisfaisants, avec une hausse de 6% de ses revenus et surtout de 73% de son Ebitda. Et le P-dg, Bertrand Barthélémy, de conclure que les fonds étaient encore disposés à rester. Mais deux mois plus tard, c’est par voie de presse qu’a été dévoilé le projet de cession des deux fonds actionnaires. Le process mené par Credit Suisse arrive à sa fin, et selon les multiples du secteur, il pourrait aboutir à une valorisation de 8 fois l’Ebitda, soit 344 millions d’euros, voire plus en cas de surenchère. Sur ce prix, pas moins de 53 millions d’euros seraient reversés au management de la société, dont 20 millions pour le seul P-dg ! Un montant encore supérieur au parachute doré de 14 millions d‘euros de Michel Combes lors de son départ d’Alcatel-Lucent, alors que le groupe génère 13 milliards d’euros de revenus contre 200 millions pour Parkeon, souligne Marc Szabo, délégué syndical CFDT. Si un tel schéma prend en compte la création de valeur lors des dernières années, les 900 salariés du groupe, dont 530 en France, se voient pour l’instant refuser tout système de prime pour bénéficier aussi des fruits de cette opération.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article