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JP Morgan, reine au pays des sanctions financières

Le montant des règlements a atteint 21,3 milliards de dollars depuis 2008 et les autorités US lui réclament encore 6 milliards dans l'affaire des subprimes. Soit presque autant que les dividendes versés.
La nouvelle facture qui pend au nez de JP Morgan Chase devrait lui permettre de conserver encore un peu plus longtemps son titre de lauréate mondiale des sanctions financières. Les autorités américaines réclameraient à l'établissement près de 6 milliards de dollars pour mettre fin aux procédures judiciaires dont elle fait l'objet dans le cadre de la crise des subprimes, vient de révéler le Financial Times. Une sanction record, contestée pour le moment par l'intéressée, qui pourrait s'ajouter aux 21,3 milliards de dollars déjà versés pour régler des sanctions financières et des litiges depuis début 2008, selon les calculs de Bloomberg. Toutefois, ces sommes astronomiques n'ont jusqu'ici pas été sanctionnées outre mesure par les investisseurs, qui se concentrent essentiellement sur la rentabilité à venir. Pour rappel, JP Morgan est poursuivie depuis 2011 pour avoir vendu entre 2005 et 2007 des subprimes à Fannie Mae et Freddie Mac, deux pontes du refinancement immobilier, entraînant ainsi leurs pertes, ce qui a conduit à un renflouement massif de la part de l'Etat américain. L'Agence fédérale de financement du logement, la FHA, a porté plainte estimant que la banque, qui a livré pour 33 milliards de dollars de ces prêts adossés, a "nettement surévalué la capacité des emprunteurs à rembourser leurs prêts hypothécaires". Dix-sept autres établissements sont visés par une plainte. En tout, la facture pourrait s'élever à 28 milliards de dollars, selon les calculs du Wall Street Journal qui s'appuie sur le montant réglé par UBS (885 millions de dollars). Si JP Morgan finit par accepter les 6 milliards de dollars d'amende, l'établissement risque fort d'excéder les provisions faites pour régler ce type de litiges. Dans un document réglementaire daté du 7 août, la banque estime que les pertes liées aux poursuites et aux enquêtes pourraient dépasser jusqu'à 6,8 milliards de dollars ses réserves légales. A titre de comparaison, la banque a publié un bénéfice net de 6,5 milliards de dollars (+31% sur un an) au deuxième trimestre de cette année. "Depuis 2009, la société a payé plus de 8,5 milliards de dollars de règlements (...) Ces coûts (...) représentent presque 12% du profit net généré entre 2009 et 2012", écrivait en mars Josh Rosner, de GrahamFisher. Et les régulateurs se préparent également à prendre des mesures pour des pratiques commerciales incorrectes pendant la récession, ce qui pourrait la forcer à débourser 80 millions d'euros supplémentaires, selon le New York Times. Mais les investisseurs restent cléments vis-à-vis de la première banque américaine en termes d'actifs. Le titre tourne aujourd'hui autour des 50,6 dollars (en baisse de 2,32%), soit bien plus qu'au moment de la crise de la "Baleine de Londres" (environ 33 dollars en juin 2012) ou que la période qui a précédé ce scandale (environ 45 dollars deux mois plus tôt). Les dividendes versés par la firme depuis fin 2007 ont atteint 23,9 milliards de dollars, selon Bloomberg. Ainsi, contrairement à ses consoeurs, JP Morgan a payé plus de dividendes à ses actionnaires que ce qu'elle a déboursé pour les affaires judiciaires. Au final, les litiges auront coûté aux six plus grandes banques du pays 103 milliards de dollars, soit plus que les 98,6 milliards de dollars de dividendes distribués.
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