La Place de Paris marginalisée ?
La fusion de NYSE Euronext et Deutsche Börse a de quoi inquiéter.
Paris est désormais l'un des maillons de la première Bourse mondiale. Pour le meilleur et pour le pire. La fusion programmée de NYSE Euronext et de Deutsche Börse pourrait marginaliser la place, au profit de Francfort alors qu'elle était déjà largement éclipsée par Londres.
Les premiers éléments connus sur le rapprochement de la bourse transatlantique et celle de Francfort n'ont pas de quoi rassurer. Pour former ce qui sera de loin le leader mondial, avec un chiffre d'affaires de quelque 7,6 milliards de dollars, contre 1,6 milliard pour le nouvel ensemble né du mariage des bourses de Londres et de Toronto, ils créeront une nouvelle entité basée aux Pays-Bas. Les actionnaires de NYSE Euronext en détiendront 40 à 41% et ceux de son partenaire allemand 59% à 60%. Le président du futur groupe, Reto Francioni, sera basé à Francfort tandis que son Pdg Duncan Niederauer aura ses bureaux à New York.
Selon les informations de Reuters, la lucrative activité de dérivés du nouveau groupe, baptisé temporairement NewCo sera basée en Allemagne, tandis que les marchés actions seront à New York. Ce qui semble relativement logique puisque Deutsche Börse pèse plus que NYSE Euronext sur le marché des dérivés. 1.9 milliard de contrats ont été échangés sur Eurex contre 1.2 milliard sur NYSE Liffe. La branche dérivés devrait être l'un des fleurons du nouveau groupe puisque, par sa taille, elle rivaliserait avec le Chicago Mercantile Exchange.
La France pourra-t-elle tirer son épingle de ce nouveau jeu ? En réaction à la nouvelle, l'association Paris Europlace, qui représente les intérêts des émetteurs, investisseurs et intermédiaires financiers assure que la Place conservera une position de leader en Europe continentale avec 2.610 milliards d'euros d'actifs sous gestion, quatre des dix premières banques européennes par leur chiffre d'affaires, ses assurances (1.620 milliards d'euros d'actifs en 2009), ses capitaux risqueurs et son offre de compensation.
Mais la place a déjà bien souffert ces dernières années. La bourse passée dans le giron américain depuis 2006, avec la fusion d'Euronext et Nyse, s'est largement éclipsée devant celle de la City. Le centre financier londonien a plié pendant la crise, sans pour autant se briser. Preuve de son dynamisme : NYSE Euronext a annoncé à l'été la création d'un nouveau marché londonien pour attirer les émetteurs internationaux enregistrés hors du Royaume-Uni. Paris espère que les acteurs émergents attirés par Londres passeront la Manche mais ce n'est pas gagné.
Consciente de ses faiblesses, la place s'est lancée dans plusieurs chantiers, comme celui du développement du marché obligataire corporate, primaire et secondaire. Réagissant à l'annonce de la fusion, Paris Europlace affirme qu'elle "veillera au développement des activités forces de la place de Paris dans le nouveau dispositif ", avec la négociation sur les marchés actions et obligataires, la compensation, la cotation des dérivés standardisés, les systèmes de transparence, et enfin la gestion des systèmes d'information. Vaste programme.
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17/09/2021 - 10:31

