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Macro-économie
La schizophrénie de Donald Trump
Les marchés n’ont pas du tout apprécié l’escalade des tensions entre la Chine et les Etats-Unis, entretenue par la rhétorique de Donald Trump. Lundi, ce dernier a menacé de mettre en place 200 milliards de dollars de tarifs douaniers supplémentaires à l’égard de l’Empire du Milieu. Il répondait ainsi aux mesures de rétorsion annoncées par le pays dirigé par Xi Jinping, elles-mêmes en réaction à la première salve imposée par les Etats-Unis. Le Président américain semble déterminé à aller à la confrontation avec son partenaire oriental, et c’est cette attitude agressive, plus que les montants en jeu pour le moment, qui font dévisser la Bourse américaine ce matin, en baisse de 1,3% soit la plus mauvaise séance du mois de juin.
Les barrières douanières passés sur les produits chinois, mais aussi sur l’aluminium et l’acier venant de la Chine, l’UE, du Canada et du Mexique font passer le taux de tarif américain (les revenus des tarifs par rapport au montant des importations) de 1,5% à 2%, ce qui revient au niveau de la fin des années 90, selon Stephen Gallagher, managing director chez Société Générale. En outre, les importations ne représentent que 15% du PIB américain contre une moyenne globale de 28%, selon la Banque Mondiale, si bien que le pays est moins dépendant de sa balance commerciale que d’autres pays.
Si les montants restent à ce niveau et que les menaces de Donald Trump ne sont pas mises à exécution, les effets de ces barrières se feront peu sentir dans une économie en croissance solide. Selon Moody’s, ils représenteraient la perte de 145 000 emplois d’ici fin 2019, soit à peine ce que l’économie américaine crée en un mois. Mais s’ils devaient se monter à 100 milliards de dollars, cela monterait la facture à 500 000 emplois, ce qui n’inclut pas les dernières menaces d’hier.
Une telle politique protectionniste pose tout de même la question de la schizophrénie du Président au niveau économique qui, d’un côté, a promu une réforme fiscale de grande ampleur capable de faire rebondir la croissance. Et de l’autre, appuie des deux pieds sur le frein, car les tarifs douaniers vont non seulement pénaliser les entreprises importatrices mais la Chine, qui importe quatre fois moins de produits des US – 130 milliards contre 505 milliards de dollars en sens inverse l’an passé – peut mettre en place d’autres mesures de rétorsion, comme limiter leur accès au marché chinois, les capacités de production sur place etc. Si bien que ces tarifs douaniers apparaissent comme une hausse d’impôts pour des entreprises américaines qui ont bénéficié d’un coup de pouce fiscal sans précédent en fin d’année dernière. Un pas en avant, deux pas en arrière donc de la part de l’administration Trump, qui va faire payer son « America First » à ses propres contribuables.
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