WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Régulation / Concurrence / Régulation / Gestion d'actifs

Régulation / Concurrence
Régulation / Gestion d'actifs

Gestion d’actifs : quelles « vulnérabilités structurelles » ?

Le Conseil de stabilité financière vient d’ouvrir une consultation sur ses recommandations clefs pour les fonds. Les intéressés reprochent aux autorités leur approche trop bancaire.
FSB - comité de stabilité financière
FSB - comité de stabilité financière

Chose promise, chose due. Le Conseil de stabilité financière (FSB) vient de lancer une consultation publique sur ses recommandations clefs pour la gestion d’actifs. Les autorités ont ainsi défini les « vulnérabilités structurelles » de cette industrie et demanderont, dans un deuxième temps, l’application de leurs préconisations. Il s’agit pour les régulateurs d’éviter que les fonds ne posent un risque systémique. Les intéressés estiment que les gendarmes, qui jusque-là ont surtout été connus pour avoir encadré les financières, ont une approche trop bancaire, qui n’est pas en adéquation avec la réalité de leur métier.

Les propositions visent à encadrer quatre grands types de risques : la liquidité des fonds, leur niveau de levier, les risques opérationnels et ceux liés aux transferts de mandats dans des situations de stress, ainsi que l’activité de prêt de titres. Les recommandations : « vont aider les autorités à mieux comprendre les tendances et les risques associés aux activités de gestion d’actif à l’intérieur et en dehors des juridictions », a indiqué l’américain et membre du FSB Daniel Tarullo. En outre, le Conseil de stabilité financière confie à IOSCO, l’Organisation internationale des superviseurs de marché, la mise en place de ses recommandations, une fois qu’elles seront finalisées.

Si les fonds s’insurgent contre certains de ces principes, ils ont toutefois évité le pire, à savoir être catalogués comme une industrie systémique. Les régulateurs ont en effet finalement arrêté de regarder la seule taille des fonds, qui peut faire effectivement craindre à première vue des risques importants pour le système financier, pour regarder les activités en elles-mêmes. Bien que ce critère soit déjà plus pertinent, les gérants vont continuer de faire valoir leurs arguments.

Par exemple, sur la question de la liquidité, les régulateurs se demandent quels sont les risques si les investisseurs se retirent tous. Y a-t-il, à la manière d’un « bank run » (c’est-à-dire de retraits massifs des dépôts bancaires en cas de panique), un risque que le système vacille ? Du point de vue des fonds, si une banque risque d’entraîner dans sa tourmente ses consœurs, il n’en est pas de même pour la gestion. Les investisseurs sont, par principe, des personnes qui prennent des risques et saisissent des opportunités. Ce ne sont pas des citoyens qui mettent leur argent sur un compte bancaire pour pouvoir s’en servir à l’envie. Ainsi, si un fonds fait faillite, il peut créer des opportunités pour les autres. Les investisseurs prennent le risque de perdre de l’argent pour en gagner.

Sur la question du leverage utilisé par les fonds, ces derniers rappellent que les entités régulées sont limitées dans leurs effets de levier. Il y a effectivement des risques de transmission, mais ils seraient circonscrits à certaines exceptions, comme le marché monétaire. Notamment car les taux d’intérêt court terme, sont trop limités pour couvrir les pertes en cas de panique. La consultation précise néanmoins que ce sont bien tous les types de fonds qui utilisent des effets de leviers qui sont visés, ce qui peut venir d’emprunts ou de l’utilisation de dérivés. La consultation est ouverte jusqu'au 21 septembre.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article