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Professions financières / Corporate finance

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LBO: la domination des acheteurs stratégiques

Le fonds de private equity Permira a vendu le spécialiste de la nutrition animale, Provimi, à Cargill. Une belle sortie, qui montre l'avantage des offres industrielles en ces temps troublés.
Dans un monde du private equity très saisonnier, Permira a surpris en annonçant sa sortie de Provimi, un fabricant de nourriture animale franco-hollandais, à la mi-août. Suivi le lendemain par une offre sur l'américain Renaissance. On imagine qu'en ces temps troublés, une cession à 1,5 milliard d'euros remet en cause le calendrier, et c'est ce qui explique d'ailleurs la nature du repreneur. Du côté de Permira, l'opération est un réel succès et l'exemple de ce qui se fait de mieux dans le private equity. Pour rappel en 2007, le fonds britannique avait repris Provimi, alors coté sur Euronext, en LBO bis aux fonds CVC et PAI Partners. Ne détenant que près de 75% des parts, il avait dû la laisser en Bourse avant d'obtenir son retrait, deux ans plus tard. L'actionnaire financier a alors oeuvré, aux côtés du management, à transformer l'industriel en spécialiste de la fabrication des pré-mix et autres compléments alimentaires de pointe, afin de donner tout son sens à l'acronyme de la société: Protéines-Vitamines-Minéraux (Provimi). L'entreprise s'est tour à tour débarrassée de ses actifs non stratégiques, les aliments pour poissons et pour animaux domestiques, et a évolué vers un modèle de pure-player de la nutrition animale, présent aux quatre coins du monde. Permira s'est notamment attaché à concentrer les opérations de build-up dans les pays à forte croissance, c'est-à-dire l'Amérique Latine et l'Asie. En cinq ans, la part des pays émergents est passée de 27% à 47% des revenus, confirmant le passage au rang de leader mondialisé. Parallèlement, un travail d'intégration et de réduction des coûts, mené opiniâtrement par tout actionnaire financier, a permis d'améliorer la rentabilité, l'Ebitda gagnant encore 20% au premier semestre 2011. Rien d'étonnant à ce qu'un tel spécialiste de la nutrition animale, dont la planète aura un besoin crucial pour nourrir une population mondiale en croissance, ait attiré les convoitises. Mais seuls trois candidats industriels se sont détachés dans la phase finale du process: les mastodontes cotés DSM et Nutreco en consortium, le chinois New Hope et Cargill. Pourquoi les fonds ont-ils été distancés? Il semble qu'après 2 LBO et dans une telle industrie, seule une reprise par un industriel présentait suffisamment de synergies, de relais de croissance pour l'activité, qui justifient un prix conséquent. Sans oublier que, dans une telle panique des marchés à l'idée d'une contagion de la crise de la dette souveraine, les fonds auraient dû se lever tôt pour parvenir à boucler une syndication bancaire de la dette. Le deal Provimi montre donc bien la puissance de frappe des industriels dans les cessions de LBO actuellement. Après trois années de travail sur le bilan et de constitution de cash, ils souhaitent désormais l'employer à grandir dans les activités et les zones les plus prometteuses. Pour Permira, cela se solde par un chèque de 1,5 milliard d'euros, soit 2,3 fois sa mise initiale. Une sortie en fanfare qui plaira à ses Limited Partners, alors qu'il devrait les solliciter d'ici peu pour lever un nouveau véhicule de 6,5 milliards d'euros. Une bagatelle par rapport au dernier, qui tutoyait les 10 milliards.
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