Macro-économie / Taux / Macro-économie
Macro-économie / Taux
Macro-économie
Zone euro : du mieux à l’horizon
La situation devient de plus en plus encourageante. “L’enquête Markit pour la zone euro est, en février, au plus haut niveau depuis avril 2011, résume Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM. Cela s’observe aussi pour la France dont l’indice est au plus fort depuis mai 2011 et aussi pour l’Allemagne qui atteint un niveau record depuis juin 2011.” Concrètement, l’indice Markit, qui mesure le niveau de confiance des chefs d’entreprises, s’est encore amélioré tant pour les services que pour les produits manufacturés, à respectivement 55,6 et 57,2 contre 53,7 et 56,1 en janvier, pour les 19 pays ayant adhéré à la zone euro. Ainsi, la France semble faire jeu égal avec l’Allemagne. “Après avoir déjà fortement progressé dans l’industrie, l’indice de confiance décrit une très nette amélioration de la situation dans les services, avec une forte hausse de 2,6 points de l’indice français, réagit l’économiste Véronique Riches-Flores. À 56,7, le PMI services français s’inscrit ainsi à un plus haut niveau depuis août 2011, largement supérieur à la moyenne de la zone euro et à l’indice allemand où, malgré une hausse d’un point, le climat des affaires dans les services reste faible, à 54,4 points.”
L’amélioration économique ne concerne pas que les deux locomotives européennes. “Le profil de l’indice synthétique pour la zone euro suggère que les autres pays suivent aussi cette trajectoire haussière, souligne Philippe Waechter. D’ailleurs, les effets d'entraînement propres à la zone euro vont doper la croissance et la dynamique de l’emploi, dont les indicateurs sont plus robustes dans l’enquête.” Autrement dit, “la zone euro entre dans une dynamique vertueuse”. Cette amélioration n’est pas sans défi. “Dans l’ensemble, ces enquêtes suggèrent une amélioration persistante de la situation en zone euro qui, sur fond d’accélération notable de l’inflation, rendra difficile le maintien du statu quo de la BCE très longtemps en dépit du risque politique”, argumente Véronique Riches-Flores. En effet, Eurostat a confirmé ce matin que le taux d’inflation annuel de la zone euro était à +1,8% en janvier 2017, contre 1,1% en décembre 2016 et 0,3% il y a un an. Aussi, “les plus forts impacts à la hausse sur le taux d’inflation annuel de la zone euro proviennent des carburants pour le transport (+0,50 point de pourcentage), des combustibles liquides et des légumes (+0,14 pp chacun)”, détaille l’office européen de statistiques.
Du coup, comme le suggère Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit : “Si la BCE se félicitera du renforcement de la croissance et des tensions inflationnistes, elle devrait toutefois rester préoccupée par l’impact des élections à venir et du Brexit sur l’environnement économique. Tout changement de politique monétaire de la part de l’institution semble donc peu probable jusqu’à l’échéance électorale allemande », c’est-à-dire jusqu’au mois de septembre au plus tôt.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

