Arkema : le modèle du spin-off
Cinq ans après s'être émancipé de Total, le chimiste français a vu sa valeur doubler. Et ce n'est pas terminé !
A l'heure où de plus en plus de groupes se séparent de certaines de leurs activités en les lâchant directement dans le grand bain de la Bourse par une opération de scission - dite spin-off -, Arkema constitue un modèle et un cas d'école en la matière. Il faut se rappeler, il y a cinq ans, à quel point c'était difficile d'appréhender cette société, qui quittait le giron d'un groupe aussi riche et confortable que Total, tout en exerçant son activité dans un domaine aussi difficile que la chimie. Et tout cela, juste après que les déboires du Rhodia de Jean-Pierre Tirouflet ont jeté une grosse ombre sur le secteur.
Pourtant, cinq ans après les faits, les chiffres et les résultats sont là pour prouver, d'une part que Total a fait le bon choix en faisant le pari de l'autonomie pour sa chimie en confiant Arkema à un patron aussi talentueux que Thierry Le Hénaff, et d'autre part que la stratégie menée par l'entreprise a créé une valeur considérable pour les actionnaires. Pendant que la Bourse de Paris a subi, sur toute cette période, un recul de 20 %, le titre Arkema a progressé de 109 %. Et ce n'est pas terminé. Puisque même après l'envolée de ce jour, le titre ne capitalise que dix fois le bénéfice par action de l'année passée. Quant à la valeur d'entreprise (capitalisation boursière + dettes), elle ne représente que cinq fois le montant du résultat opérationnel.
C'est là le fruit d'un triple travail. D'abord sur les coûts de production. Plus de 540 millions d'euros ont été économisés en frais fixes depuis la mise en bourse d'Arkema. Ce qui a fait chuter le "point mort" du groupe, et lui a permis de profiter pleinement l'an passé d'une hausse des volumes de ventes. Ensuite, un travail sur le portefeuille de produits, avec des acquisitions portant sur un chiffre d'affaires de 650 millions d'euros et des cessions en parallèle. Enfin un travail à l'international, afin de profiter de la croissance des pays émergents. Un cinquième du chiffre d'affaires d'Arkema est désormais réalisé en Chine.
Mais le groupe ne compte pas s'arrêter là. D'ici cinq ans, il ambitionne de réaliser un chiffre d'affaires supérieur de 28 % à celui de 2010. Avec une marge constante, cela lui permettrait de dégager un résultat opérationnel supérieur à 1 milliard d'euros. Désendetté et bénéficiant d'un regard moins dédaigneux de la part des investisseurs, cela signifie que le groupe pourrait valoir 6 à 7 fois son Ebitda, et donc afficher une capitalisation boursière deux fois supérieure à celle de ce jour. Ce qui laisse apparaître un beau potentiel de plus-value.
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