La grande bataille de l'électricité
La loi Nome va ouvrir à la concurrence le marché de l'électricité. Une petite révolution pour les acteurs du secteur.
Les professionnels de l'électricité ont les yeux rivés vers l'Assemblée Nationale. La loi Nome (nouvelle organisation du marché de l'électricité), examinée cette semaine par les députés, va bouleverser le fonctionnement du marché. Car la France doit se plier aux exigences européennes en matière de concurrence sous peine d'être condamnée.
Comme l'ont préconisé les membres de la commission Champsaur, EDF va devoir vendre son électricité, à un prix fixé par l'Etat puis la Commission de Régulation de l'Energie, aux fournisseurs alternatifs. L'objectif est de satisfaire Bruxelles, sans démanteler le parc nucléaire français, en permettant à ces nouveaux acteurs de concurrencer le mastodonte. Il s'agit surtout d'offrir aux consommateurs la possibilité d'avoir accès à de l'énergie au coût bas garanti par le nucléaire. Car si les fournisseurs alternatifs devaient s'approvisionner auprès des producteurs européens, les prix seraient beaucoup plus élevés. Alors que se négocient les modalités précises de ce futur dispositif, les acteurs du secteurs sont à cran.
EDF est bien décidé à défendre son pré-carré et il ne manque pas de soutien du côté des parlementaires (le rapporteur du texte est un ancien de la maison) Soulignant que c'est lui, l'industriel, qui a fait les investissements de long terme, il compte bien obtenir un bon prix pour les 100 térawattheures ( environ 30% de la production d'électricité nucléaire), qu'il va devoir concéder aux opérateurs. Le P-dg Henri Proglio a expliqué aux députés qu'il ne cèderait pas son énergie à moins de 42 euros le megawatt-heure (soit le niveau actuel du Tartam). Et d'expliquer que c'est le minimum nécéssaire à l'entretien du parc nucléaire français, vieillissant.
Pour les fournisseurs alternatifs, la loi Nome est censée ouvrir une nouvelle ère. Ils pourront désormais acheter de l'électricité à un prix inférieur à celui des prix du marché européen, essentiellement approvisionné grâce à de coûteuses centrales thermiques. Il sont censés être sur un pied d'égalité avec l'opérateur historique et entre eux, ce qui devrait leur permettre de se lancer dans une guerre des offres, avec des innovations. Ces fournisseurs pourraient avoir accès à l'électricité fournie par EDF dans des volumes d'autant plus important que GDF Suez est dans le collimateur des députés.
Des élus de droite comme de gauche proposent de déduire du volume d'électricité que pourrait acheter GDF auprès d'EDF sa production hydraulique, soit 13 térawattheures d'électricité par an. Cette solution avait pourtant été écartée dans l'étude d'impact sur le projet de loi, qui précisait que "l'hydraulique avec la
mise en concurrence des renouvellements de concessions ou le nouveau nucléaire [...] sont en effet sur la voie d'un développement concurrentiel". La bataille est donc loin d'être terminée pour EDF et ses concurrents.
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17/09/2021 - 10:31

