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Peugeot : la vérité toute nue et toute crue

La division automobile de PSA Peugeot Citroën a enregistré une perte opérationnelle de 1.278 millions d'euros au cours du premier semestre. Ce qui justifie l'urgence du plan de réorganisation.
Les chiffres, a-t-on coutume de dire, c'est comme les bikinis. Le plus intéressant, c'est ce qu'ils cachent. Or le fait est que les comptes semestriels publiés par PSA-Peugeot-Citroën disent tout, voire plus que tout. A la fois sur l'état comptable du groupe, et sur les difficultés de la seule branche automobile. C'est la vérité toute nue et toute crue que le gouvernement, les syndicalistes et certaines parties prenantes se refusent à regarder en face depuis que Philippe Varin a courageusement annoncé sa décision de fermer l'usine d'Aulnay-sous-Bois. Arnaud Montebourg, qui s'est fait taper sur les doigts par le Premier ministre et hier par le Président de la République pour avoir été un peu loin dans les attaques contre les dirigeants de Peugeot et contre la famille, actionnaire sans faille du groupe, a cru bon de nommer un expert chargé de vérifier si Peugeot n'en fait pas trop et si ses comptes sont aussi dégradés qu'il le dit. Comme si, dans un avion dont un moteur tombe en panne, il était utile de nommer un expert pour comprendre ce qui s'est passé, alors que l'équipage cherche à atterrir en faisant le moins de dégâts possibles. Les chiffres publiés par PSA Peugeot Citroën ce matin sont donc sans appel : au niveau du groupe une perte de 819 millions d'euros, à comparer à un bénéfice de 806 millions d'euros au cours des six premiers mois de 2011. Mais cela intègre les bonnes performances de Faurecia, de Gefco, de la Banque PSA Finance (crédit automobile). Lorsque l'on regarde de près les comptes de la seule division automobile, on comprend sans hésiter l'ampleur du plan de réorganisation annoncé par Philippe Varin. Puisqu'au cours des six premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires a reculé de plus de 10 % et, surtout, le résultat opérationnel est une perte de 1.278 millions d'euros. Cela signifie que le navire amiral du groupe perd 7 millions d'euros par jour. Une situation évidemment intenable. Tout cela est désormais inscrit dans le cours de bourse. Et les pouvoirs publics commencent à le comprendre doucement, puisqu'ils annoncent aujourd'hui un plan de soutien à la filière automobile. Mais chez Peugeot, on sait mieux que partout ailleurs qu'il vaut mieux s'aider avant que le ciel donne un coup de main. D'où un plan Rebond 2015 qui va permettre à PSA d'abaisser de 1,5 milliard d'euros sa base de coûts, en diminuant les investissements (550 millions d'euros), en mettant en oeuvre la réorganisation annoncée (600 millions) et en optimisant les coûts d'achats grâce à l'alliance avec General Motors (350 millions). Tout est donc prêt pour ce rebond, à condition que le plan social puisse être mis en oeuvre rapidement et sans entrave particulière. C'est la seule épée de Damoclès que surveillent les investisseurs. Car aucun d'eux ne doute de la capacité de PSA à conquérir de nouveaux marchés, à lancer des véhicules innovants et à demeurer le deuxième constructeur européen.
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