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Bancaires françaises : pourquoi les titres sont-ils en baisse ?

Alors que les bons résultats divulgués hier sur les stress-tests et l’AQR des établissements hexagonaux sont bons, les valeurs étaient à la baisse ce matin après une ouverture à la hausse. Comment expliquer ce phénomène ?
Bourse de Paris - Palais Brongniart
Bourse de Paris - Palais Brongniart

La fête fut de courte durée. Alors que les titres boursiers des grandes banques françaises étaient attendus en hausse ce matin à la suite de la publication des résultats de la revue de qualité des actifs (AQR) et des stress-tests hier, ce mouvement  n'aura duré que le temps de le dire. Ainsi, peu avant 14H, la Société Générale enregistrait la plus forte chute du CAC 40 à -3,68%, quand Crédit Agricole perdait 2,39% et BNP Paribas 1,91%. Comment expliquer ces reculs ? La crédibilité des examens menés par la Banque centrale européenne (BCE) et l’Autorité bancaire européenne (EBA) est-elle remise en question par les investisseurs ? En réalité, cette baisse est due, à court terme, à plusieurs facteurs. Mais sur le long terme, les analystes s’attendent à un impact boursier positif pour les banques même si les experts sont toutefois plus circonspects concernant le redémarrage du crédit.

Les banques françaises ont fait figure de bon élève dans le zone euro. Les 13 établissements ont réussi leurs AQR et leurs tests de résistance, selon les résultats divulgués ce dimanche. Les « banques françaises confirment la qualité de leurs actifs et leur capacité de résistance à des chocs sévères », a réagi la Banque de France dans un communiqué. Seule la Caisse de refinancement de l'habitat (CRH) a fait apparaître un déficit de fonds propres au 31 décembre 2013, comblé depuis par une augmentation de capital. Plus globalement, sur les 130 banques examinées, 25 ont échoué avec une insuffisance en capital de 25 milliards. Une partie de ce fossé ayant déjà été comblé, il reste 5,5 milliards d’euros à trouver répartis sur huit établissements et cinq pays (Italie, Portugal, Autriche, Irlande et Chypre). « Cela devrait calmer toutes les inquiétudes sur la présence d'autres cadavres dans les placards des banques », estime Geir Lode, responsable des gestions actions de Hermes Global Equities. « Nous nous attendons à un rallye de la majorité des titres bancaires et des Cocos dans la semaine à venir », écrit pour sa part Philippe Bodereau, responsable de la recherche crédit paneuropéenne et analyste en chef pour les institutions financières mondiales chez PIMCO.

Comment expliquer alors la baisse enregistrée ce lundi par les titres bancaires hexagonaux ? « Il s’agit de prises de bénéfices. Il y a des investisseurs qui se sont positionnés la semaine passée et les valeurs étaient en hausse. Ils ne font que récupérer leurs profits », constate Pascal Bernachon, stratégiste et gérant d'OPCVM chez KBL Richelieu Gestion. D’autres nouvelles distillées aujourd’hui pèsent également sur la Bourse : le recul pour le sixième mois d’affilée en octobre de l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne. En outre, l'octroi de crédits au secteur privé en zone euro a reculé de 1,2% en septembre, soit à un rythme légèrement inférieur à celui enregistré lors du mois précédent, a annoncé ce lundi la BCE. Alors que le consensus d'analystes compilé par l'agence Dow Jones Newswires misait sur une hausse de 2,3% en septembre. Dernière explication : les investisseurs avaient déjà intégré les résultats de dimanche, qui n’ont pas révélé de grandes surprises.

En revanche, les valeurs des banques qui ont échoué aux stress-tests sont, elles, sans surprise en fort repli. L’Italienne Monte Paschi, qui affiche le besoin en fonds propres le plus important (2,11 milliards d’euros) reculait de 15,15% en milieu de matinée. Ses consœurs de la Botte ne font pas mieux. Ainsi, Banca Carige -dont les besoins se chiffrent à 0,81 milliard d’euros- était en chute de 12,46%. Pourtant, l’établissement a annoncé hier qu’il envisageait une augmentation de capital d’au moins 500 millions d’euros. « On s’attend à une recomposition du secteur bancaire italien, avec une nouvelle vague de consolidations. Ce qui est amusant est que l’on va avoir des banques encore plus concentrées en taille alors même que l’on ne voulait pas de banques systémiques », rappelle Pascal Bernachon.

La grande question reste de savoir si ces tests vont permettre de relancer le crédit. « Jusqu’ici les banques étaient plus centrées sur l’assainissement de leurs bilans que sur l’octroi de crédits. Maintenant, on voit que les banques ont la possibilité de prêter et la BCE est à leurs côtés pour les y aider. Encore faut-il que les entreprises aient envie d’investir », ajoute Pascal Bernachon.

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