Sanofi, d'une pierre deux coups
En annonçant les bons résultats des tests réalisés sur le Lemtrada et la cession de sa filiale de dermatologie Dermik, le laboratoire montre la cohérence de la stratégie insufflée par Chris Viehbacher.
Trois mois après avoir bouclé le rachat géant de l'américain Genzyme, Sanofi maintient le cap. Le laboratoire pharmaceutique, qui lors de son assemblée générale de mai dernier a décidé de ne garder que le nom plus international de Sanofi, a montré aujourd'hui, par deux annonces, qu'il était toujours focalisé sur la R&D et les métiers à forte croissance. Et que pour cela, il n'hésitait pas à céder à bon compte des portefeuilles de médicaments brevetés.
Ce matin donc, Sanofi a donné les résultats des tests cliniques sur un de ses médicaments en développement, le Lemtrada, qui était dans l'escarcelle de l'américain Genzyme. Si l'on revient quelques mois en arrière, il faut se rappeler que le Lemtrada était précisément un point de discorde entre les deux groupes car Sanofi ne valorisait ce produit qu'à 500 millions de dollars de revenus une fois commercialisé, tandis que Genzyme en attendait trois fois plus. Or Sanofi vient de déclarer que le médicament, destiné à combattre la sclérose en plaques, avait obtenu de bons résultats lors des tests cliniques de phase 3, qui ont duré 2 ans.
Le groupe compte demander l'autorisation de commercialisation début 2012 aux Etats-Unis et en Europe, et bénéficie déjà d'une procédure accélérée de la part de la FDA (Food and Drug Administration). Plusieurs analystes continuent de tabler sur des prévisions prudentes d'environ 500 millions d'euros de revenus sur ce médicament. Ces chiffres compteront dans le prix final de Genzyme, puis qu'y sont rattachés des certificats de valeur additionnelle d'une valeur maximum de 13 dollars par titre.
Deuxième annonce du jour, Sanofi a cédé sa filiale de dermatologie Dermik à un groupe américain coté au Nasdaq, Valeant Pharmaceuticals International. La valorisation est plutôt généreuse, puisque l'acquéreur débourse 465 millions de dollars pour une activité qui génère 206 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel. Surtout, elle est parfaitement cohérente avec le recentrage stratégique décidé par le P-dg Chris Viehbacher depuis son arrivée à la tête du premier laboratoire pharmaceutique européen. Ce dernier s'efforce depuis maintenant deux ans et demi de s'affranchir des anciennes vaches à lait que constituaient ses médicaments grand public brevetés, et de promouvoir des plateformes de croissance telles que les vaccins ou la santé animale, et surtout la recherche-développement.
Sanofi a donc fait le choix de développer ses compétences de pointe, tout ce qui peut lui permettre de se différencier et de lancer des remèdes nouveaux, qui seront en situation de monopole pendant un certain nombre d'années avant de tomber dans le domaine public. Renforcer sa valeur ajoutée pour mieux se valoriser, tel est le stratagème simple et intelligent conçu par le patron allemand. Et si cela signifie compléter le chèque conséquent signé pour s'emparer de Genzyme, ça voudra simplement dire que cette acquisition était encore plus avantageuse que prévu. C'est le raisonnement à long terme que devrait mener tout dirigeant, qu'il soit à la tête d'une société cotée ou non.
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17/09/2021 - 10:31

