La revanche méritée de François Drouin
A droite comme à gauche, il n'est question que d'une "banque pour l'industrie". Et Nicolas Sarkozy entend consacrer avant la fin du mois 500 millions d'euros à Oseo pour distribuer des prêts participatifs.
François Drouin, le patron d'Oseo, a l'oreille du Président de la République. Le contact entre les deux hommes s'est notamment noué au printemps dernier, à quelques pas de l'Elysée, sous la coupole du Grand Palais où la banque publique avait fait venir deux mille entrepreneurs triés sur le volet, et tous sélectionnés en fonction de ces critères essentiels que sont l'innovation, la création d'emplois, et l'irrigation des territoires.
Depuis, à chaque fois qu'il en a l'occasion, Nicolas Sarkozy cite Oseo en exemple. Cela a été le cas lorsqu'il a voulu "secouer" la ligne directrice du FSI à l'automne dernier, et notamment son action dans les régions. Avant la préparation du sommet social, alors qu'il recevait différentes organisations patronales, le chef de l'Etat a de nouveau fait l'apologie du travail mené par Oseo et par François Drouin, laissant envisager des mesures imminentes en faveur de cet établissement.
Pourtant Oseo reste mal connu, tant dans ses mécanismes d'intervention que dans ses moyens. Cet établissement public exerce trois grands métiers : le soutien de l'innovation avec l'accompagnement et le financement des projets à composante technologique, ayant des perspectives concrètes de réalisation, puis le financement des investissements et du cycle d'exploitation, toujours aux côtés des établissements bancaires, et enfin la garantie des financements bancaires et des interventions des organismes de fonds propres.
En mutualisant l'ensemble des savoir-faire de ses filiales, en combinant les différentes techniques de financement, en travaillant en réseau avec l'ensemble des acteurs publics et privés qui accompagnent le développement des PME et l'innovation, et en disposant d'un intense maillage régional, Oseo s'est forgé la réputation d'intervenir vite, bien et efficacement auprès des PME de moins de 250 personnes. Une "clientèle" qui passionne particulièrement les politiques et surtout Nicolas Sarkozy.
La "banque de l'industrie" dont il a été question dans l'intervention présidentielle de dimanche soir n'est pas un monstre technocratico-financier de plus dans le paysage bancaire français. Ce n'est pas non plus "un pied de nez" aux banquiers traditionnels. Il s'agit d'une nouvelle entité qui verra le jour dès ce mois, quand les députés auront voté une loi de finances rectificative, et qui sera dotée d'un milliard d'euros de fonds propres provenant d'un redéploiement d'une fraction des 35 milliards affectés aux investissements d'avenir.
Cette nouvelle "banque" filiale d'Oseo sera de facto très visible, partout en France et notamment dans les territoires où l'établissement de François Drouin bénéficie des structures d'Avenir Entreprises. Avant même que la loi soit entérinée, cette structure pourra distribuer jusqu'à 500 millions d'euros de prêts participatifs. En revanche, il reste hors de question que cette banque, comme toute autre émanation d'Oseo, intervienne en fonds propres au capital de PME ou d'entreprises régionales. Un métier qui reste l'apanage et le devoir du FSI.
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17/09/2021 - 10:31

