Presse allemande : "les élections européennes vont geler toutes les décisions politiques"
C'est la principale inquiétude du Sueddeutsche Zeitung pour 2014. Les conclusions du sommet européen de décembre ont donné un avant goût des prochains mois: de grandes idées mais peu d'avancées concrètes selon le quotidien allemand.
On le sait depuis mi-décembre : Jörg Asmussen, membre allemand du directoire de la BCE va quitter son poste pour devenir secrétaire d'Etat au sein du ministère du Travail. Interrogé par le magazine Stern, il justifie aujourd'hui son choix, notamment "pour ses filles". "C'est une décision que les hommes ne prennent pas souvent. Un recul conscient de sa carrière, au profit de sa famille". "L'équilibre général entre le travail et la vie privée est simplement meilleur. Si vous vous déplacez, vous ne pouvez pas participer régulièrement à la vie de famille. On en est en dehors", explique-t-il. Le Stern précise qu'en rentrant à Berlin, Asmussen va perdre de l'argent. "Mais l'argent seul ne rend pas heureux". Mario Draghi va perdre un allié, qui devrait être remplacer par Sabine Lautenschläger, vice-présidente actuelle de la Bundesbank.
"La valeur monétaire est stable", prévient Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, dans le magazine Wirtschafts Woche. Interrogé sur les inquiétudes des épargnants allemands, face aux faibles taux d'intérêt, s'il rappelle ses doutes sur la politique européenne, il ajoute cependant : "la zone euro se remet en ce moment de la pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale, avec une faible pression sur les prix. La politique monétaire a donc réagi à cette situation inhabituelle. Les taux faibles ne concernent pas seulement les épargnants en Allemagne, mais tous ceux qui veulent investir de l'argent à faible risque dans la zone euro". Il met cependant en garde contre le succès du Bitcoin : "ce n'est absolument pas une alternative à notre argent. C'est un moyen de paiement pour une niche. Essayez de payer vos achats du samedi avec des Bitcoins."
Le Spiegel se penche sur le marché du travail allemand, annonçant : "le taux d'emploi atteint des niveaux records". "En Allemagne, en 2013, il y a eu plus de personnes au travail que jamais auparavant. Malgré la croissance faible, le nombre de personnes travaillent a augmenté à environ 41,8 millions. Dans les deux années précédentes, cependant, le chiffre de l'augmentation était nettement plus fort". On en est toutefois à la septième année consécutive de hausse, se félicite l'hebdomadaire. 232.000 nouveaux postes ont été créés en 2013, poursuit le Spiegel, en s'appuyant sur les chiffres de l'agence nationale de statistiques.
Le Sueddeutsche Zeitung se projette quant à lui sur l'année à venir, avec notamment les élections européennes. "Les élections au Parlement européen vont geler toutes les décisions politiques : les fanfarons vont prendre le devant de la scène, dirigeants des paroles simples contre l'Europe. Plus le gouvernement de Merkel a de pouvoir, plus il suscite de résistance", s'inquiète le quotidien. Il trace donc un parallèle entre 2013 (élections législatives allemandes) et 2014. "La rencontre du Conseil de l'Europe, peu avant Noël, a donné un avant-goût de cette politique gelée. De grands thèmes, de petites actions. Les élections au Parlement européen vont encore faire pression sur la température".
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17/09/2021 - 10:31

