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Brexit : les prochaines dates à ne pas manquer
Alors que le sommet de Bratislava sur le Brexit n'a pas donné lieu à une position très unifiée de la part des européens au sujet des futures relations avec la Grande-Bretagne, et que Theresa May semble de son côté vouloir prendre son temps avant d'entamer les discussions, les marchés guettent tous les signaux possibles qui pourraient leur indiquer la tournure que prendront les négociations et l'impact économique du Brexit.
Le prochain conseil européen des 20 et 21 octobre, n'a pas prévu pour l'instant d'aborder directement la question britannique, même si l'un des sujets à l'agenda concernera les échanges et le futur de la politique commerciale européenne, qui pourrait amener à discuter de la position à adopter vis-vis des britanniques. Un dernier sommet est prévu en 2016 les 15 et 16 décembre, dont la Commission n'a pas encore précisé le programme. Le président du Conseil, Donald Tusk, a de son côté annoncé après le sommet de Bratislava que la premier ministre britannique lui avait annoncé que son gouvernement devrait être prêt à entamer les négociations en janvier ou février. Mais Downing Street a depuis démenti l'information. Pas grand chose en vue donc, d'ici la fin de l'année du point de vue des discussions européennes.
Côté britannique en revanche, plusieurs dates importantes sont à retenir. La publication de la première estimation de PIB pour le troisième trimestre, le 27 octobre prochain, est ainsi considérée comme une statistique déterminante pour évaluer l'impact du Brexit sur la conjoncture du pays. Pour l'instant les données des mois de juillet et août sont plutôt bonnes, le taux de chômage ayant reculé à 4,9% au second trimestre, et les exportations ayant bénéficié de la faiblesse de la livre. Les indices PMI manufacturiers et des services se sont par ailleurs bien redressés en août, notamment grâce à la nomination de Theresa May qui a permis de rassurer les chefs d'entreprises. Mais selon Sylwia Hubar, analyste chez Natixis, les intentions d'investissement se sont détériorées sur la même période : "les rebonds plutôt modestes des indicateurs de confiance des ménages et des entreprises ne permettent pas de se prononcer avec certitude sur l'imminence d'une reprise. Nous continuons de tabler sur un ralentissement prochain de la croissance". L'évolution du PIB entre juillet et septembre sera à ce titre un élément intéressant à observer fin octobre.
Du point de vue de la politique monétaire, le prochain meeting de la BoE se tiendra le 3 novembre. Si le gouverneur s'est vu reproché d'avoir réagi trop fort et trop rapidement suite au référendum, il pourrait tout de même décider de baisser de nouveau le taux directeur à son plancher, si le chiffre du PIB est inférieur aux anticipations et si d'ici là d'autres indicateurs signalaient un ralentissement plus marqué de la conjoncture. "Nous considérons qu'une baisse des taux à 0,05% à l'issue de la réunion du "super thursday" de novembre reste possible", explique encore Sylwia Hubar de Natixis.
Autre rendez-vous majeur au Royaume-Uni, le traditionnel "Autumn Statement" au cours duquel le ministre des finances présentera son budget pour l'an prochain. Selon le site du gouvernement britannique, Philipp Hamond devrait ainsi présenter les grandes lignes du budget 2017, le 23 novembre prochain. L'occasion pour les marchés et les investisseurs se savoir quelles mesures spéciales destinées à soutenir l'économie britannique post-Brexit ont été décidées. Cet été, Philip Hammond et Theresa May ont en effet déclaré que le gouvernement abandonnait son objectif de retour à l'excédent budgétaire d'ici 2020, vu le nouveau contexte. Selon Alastair Wilson, managing director chez Moody's lors d'une conférence hier matin, il est probable que le chancelier de l'échiquier annonce fin novembre un programme de soutien fiscal à court terme, tout en précisant les objectifs à adopter à plus long terme pour consolider la situation budgétaire du pays. "Le Royaume-Uni jouit d'une certaine crédibilité fiscale car il est déjà parvenu par le passé à faire baisser son endettement lorsqu'il s'y était engagé. Ce qui n'est pas le cas d'un pays comme la France par exemple", explique le responsable de l'agence de notation. La note du pays ne devrait donc pas être dégradée à court terme, si le Royaume-Uni se donne un objectif fiscal clair et des instruments pour l'atteindre à moyen long terme.
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