Hinkley Point, toujours et encore en suspens
Le dossier Hinkley Point n’en finit pas. Alors que Londres prend son temps pour donner son «go » au projet, les choses continuent à bouger à Paris. Aujourd’hui, Michel Sapin, Ministre des Finances et nouvellement de l’Economie, a confirmé le soutien de l’Etat Français au projet d’EDF. Il a ainsi souligné que le conseil d'administration d'EDF avait donné cet été son feu vert au projet « avec l'accord de l'Etat ». Et « c'est maintenant le gouvernement britannique qui est face à ses responsabilités, je souhaite qu'il les prenne », a-t-il ajouté. Car Londres qui, sous l’ancien gouvernement Cameron avait approuvé le projet, a décidé, sous l’ère May, de reprendre le dossier et de le réétudier dans le détail avant de se prononcer. Les Britanniques ont, selon les médias locaux, des hésitations, voire des réticences, à laisser un investisseur étranger, chinois de surcroît, à investir dans leur pays sur des secteurs stratégiques, comme le nucléaire.
Car, dans ce projet qui vaut 18 milliards de livres, un tiers du financement est apporté par China General Nuclear Power Corporation. Un soutien financier incontournable pour le groupe EDF qui de toute façon ne pourrait le financer en totalité, mais qui sur ce point n'a pas les cartes en main. D’ailleurs, pour apaiser les relations ou les lisser entre les anglais et les chinois, une rencontre entre hauts responsables de chaque pays a eu lieu la semaine dernière à Pékin. Nur Bekri, directeur de l'Administration nationale chinoise de l'Energie (NEA) a ainsi reçu Lucy Neville-Rolfe, la secrétaire d'Etat britannique à l'Energie, le 25 août pour discuter du projet, a rapporté lundi la NEA.
Mais rien n’est encore joué du côté français. En effet, les salariés d’EDF s’agitent de plus en plus. Et cette fois, il s’agit des administrateurs salariés du groupe. En effet, cinq des six administrateurs salariés du groupe énergétique ont saisi la justice pour demander l'annulation de la délibération du conseil d'administration d’EDF ayant donné son aval au lancement du projet. Ils estiment que le président du groupe, Jean-Bernard Lévy, n'a « pas communiqué les informations essentielles en sa possession concernant ce projet majeur pour l'entreprise », lors de cette réunion du 28 juillet, et ce en « violation du droit à l'information des administrateurs » a indiqué l’un des avocats des salariés. Ils contestent par ailleurs la participation au vote de plusieurs administrateurs « en situation de conflit d'intérêts avec l'entreprise», certains d’entre eux ayant un intérêt au projet dans le cadre des appels d’offres qui pourraient en déboucher.
Le tribunal de commerce de Paris devrait fixer le 5 septembre une date d'audience sur cette question. Cela vient s'ajouter à un autre contentieux dont la décision est attendue le 22 septembre, concernant celui du comité centrale d’entreprise, ce dernier demandant la suspension de l’accord du projet, n’ayant pas été consulté dans les formes. Autant dire, que le projet est loin d’être lancé, les recours en justice pouvant durer un moment, et Londres a, lui aussi, décidé de prendre son temps, promettant une réponse à l’automne.
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