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Accor: la patience de Colony Capital et Eurazeo a fini par payer
C'est la fin d'une ère pour le tandem Colony Capital-Eurazeo. Les deux actionnaires, qui ont été liés pendant cinq ans par un pacte d'actionnaires sur Accor, viennent de lancer le placement de 22,5 millions d'actions du groupe hôtelier, soit 9,65% de son capital. Ceux qui détenaient encore 21% de la maison dirigée par Sébastien Bazin réalisent la première cession de bloc depuis l'entrée de Colony Capital en 2005, qui avait à l'époque proposé d'investir 1 milliard d'euros dans le développement de la société. Le timing est très favorable: l'action Accor a grimpé de 65% depuis son point bas il y a cinq mois, et de près de 35% depuis le début de l'année. Le placement accéléré à eu lieu sur la base de 48,75 euros permettant de dégager un montant total de 1,1 milliard d'euros.
Ce niveau est tout proche du prix de revient d'Eurazeo, qui état entré à environ 50 euros. Mais il faut y ajouter la valorisation des titres Edenred, le spin-off de l'activité chèque-restaurant réalisé en 2010, et qu'Eurazeo a vendu au prix unitaire de 26 euros par action en mai 2013. Colony Capital est de son côté resté actionnaire, et le titre oscille aujourd'hui entre 23 et 24 euros. Une très belle plus-value réelle ou potentielle de chaque côté.
Tout n'a pourtant pas été aussi rose, surtout dans les premières années de leur vie chez Accor. Après être montés au capital en mai 2008 et obtenu trois sièges d'administrateur, les deux investisseurs avaient rapidement réclamé la scission du groupe et provoqué la démission de six administrateurs, en signe de désaccord. Une fois l'IPO d'Edenred réalisée à l'été 2010, ils avaient également limogé le patron d'Accor, Gilles Pélisson, et avaient nommé l'ancien P-dg de Mc Donald's Europe, Dennis Hennequin. Mais ce dernier se place dans les traces de son prédécesseur, et privilégie un développement des marques et géographique, plutôt qu'une séparation nette entre la propriété immobilière et la gestion de hôtels. Mais la crise passe par là, impacte l'activité et le titre chute de moitié sur l'année 2011, à moins de 18 euros. Il tente ensuite de rebondir et présente début 2013 une stratégie à horizon trois ans, mais celle-ci n'est pas assez ambitieuse aux yeux de ses fonds actionnaires, qui le remercient. Finalement, après quelques mois d'attente, c'est Sébastien Bazin, patron de Colony Capital Europe, qui se jette lui-même dans le bain à l'été 2013.
Celui qui n'avait jamais dirigé d'entreprise à part le PSG, et ne comptait que 40 employés chez Colony contre 160 000 chez Accor, semble pourtant s'être pris au jeu. Il crée les deux entités qu'il souhaitait depuis si longtemps - HotelInvest et HotelServices- et met en place sa stratégie: le groupe rachète 97 murs d'hôtels pour 900 millions d'euros en mai dernier et porte sa marge opérationnelle à plus de 10%, une première. Depuis l'automne dernier, le titre décolle véritablement, le groupe semble enfin apaisé et une stratégie à long terme est mise en place.
L'agenda de cette cession n'a donc rien de surprenant car il permet de prendre bénéfice des premiers effets de la "politique Bazin", tout en gardant plus de 10% du capital pour acter des développements futurs. Accor, dont l'Ebit est encore exposé à 35% au difficile marché français, prévoit d'ouvrir 156 000 chambres essentiellement dans les pays émergents à forte croissance, en particulier la Chine. Enfin, Sébastien Bazin compte enfin mettre à exécution la scission des murs d'hôtels. L'accomplissement personnel d'un projet qu'il médite depuis de nombreuses années maintenant
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