Merkel défend la taxe Tobin, le FDP grince des dents
La presse allemande rapporte les tensions palpables au sein de la coalition gouvernementale. La chancelière soutient le projet de la Commission, quitte à la limiter à la zone euro, ce à quoi s'opposent les libéraux.
"Merkel provoque le FDP", titre ce jeudi matin le Spiegel sur son site Internet. En jeu, la taxe sur les transactions financières. "Angela Merkel se soucie apparemment peu des souhaits de son partenaire de coalition au sujet de la taxe sur les transactions financières", précise le site de l'hebdomadaire. Selon un article de la Sueddeutsche Zeitung, la chancelière serait "fortement en faveur de la taxe". Le Spiegel y voit un "affront envers le FDP".
"Même si le FDP résiste, la chancelière reste ferme, explique la Sueddeutsche Zeitung. Malgré les désaccords avec son partenaire de coalition, Angela Merkel pousse en avant l'introduction d'une taxe sur les marchés financiers". Le journal détient ces informations suite à la consultation d'un document de travail commun franco-allemand. "Dans ce document, les deux gouvernements affirment explicitement qu'ils soutiennent la proposition de la Commission européenne d'introduire la taxe sur les transactions financières en Europe". La Sueedeutsche poursuit : "L'approche de Bruxelles est conçue de telle sorte que si la résistance du Royaume-Uni se poursuit, la taxe puisse être introduite uniquement pour les pays de l'union monétaire. Merkel l'envisage en cas de nécessité. Le FDP, en revanche, rejette une introduction isolée dans la zone euro". Le président du groupe FDP au Bundestag, "Rainer Brüderle contre-attaque avec une proposition antérieure du FMI, imposer les bénéfices des banques ainsi que les salaires et les primes versés aux cadres dirigeants avec une "taxe d'activité financière". Ce serait la meilleure solution, estime le libre-démocrate".
Autre opposant aux plans d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy : la République Tchèque, note le Handelsblatt, qui rappelle que le tandem franco-allemand "ne voyait principalement que la Grande-Bretagne". Pourtant, le ministre des Affaires Etrangères tchèque, Tomas Zidek, a affirmé dans le Rheinischen Post que "la taxe sur les transactions entraînerait un nombre important de victimes innocentes et coûterait à la croissance économique".
La Frankfurter Allgemeine Zeitung s'inquiète pour sa part de l'efficacité du Fonds européen de stabilité financière, dont il voit "les capacités d'actions menacées". Pour le journal, "même si le fonds peut encore tenir ses obligations actuelles, la notation "AA+" pour le fonds de crise européen FESF pourrait être trop faible. Ce qui rendrait plus difficile l'effet de levier".
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17/09/2021 - 10:31

