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Sophie Javary : "Nous sommes dans une stratégie de conquête de marché"
Premier semestre plutôt surprenant pour les professionnels des M&A et des opérations primaires : là où l’on attendait de nouveaux records après une fin d’année 2015 en fanfare, l’atonie a dominé l’ensemble des zones géographiques, à l’exception de l’Asie, de plus en plus présente sur ce segment depuis un an. Sur la seule zone EMEA, l’enveloppe globale des deals initiés depuis le début de l’année a totalisé 443 milliards d’euros à comparer à 476 milliards, l’an passé à pareille période. Il est ainsi très intéressant de noter qu’au niveau des flux, les opérations en provenance des Chinois vers le continent américain ont été multipliées par 2 (à 49 milliards d’euros) alors qu’à l’inverse, celle initiées par des groupes américains vers l’Asie n’a progressé que de 20% (16 milliards). En parallèle, les deals de groupes européens vers la zone asiatique ont crû de 65%, tout comme ceux des Chinois vers la zone EMEA (+65% avec 79 milliards). Et il est tout à fait symptomatique de constater que sur la même période, les deals des Américains vers l’Europe se sont repliés de 30% (58 milliards) quand ceux de ces derniers vers le continent américain ont bondi de 60% (91 milliards).
Statistiques qui viennent relativiser le discours selon lequel tous les fleurons français passent sous pavillon étranger sans qu’ils ne réagissent pour s’étendre à l’international. C’est dans ce contexte en constante évolution, que BNP Paribas corporate Finance tisse sa toile en ayant notamment conseillé Casino sur la vente de son actif vietnamien ou la restructuration capitalistique de sa division de e.commerce, Cnova, dont le maintien de la cotation aux Etats-Unis n’est pas encore décidé. Ce sont également les équipes de Sophie Javary, managing director, à la tête du pôle Corporate Finance EMEA de BNP Paribas, qui ont conseillé Air Liquide dans son opération d’achat de l’américain Airgas et se préparent à l’accompagner dans son augmentation de capital prévue à l’automne. « Le dynamisme des groupes chinois en Europe est clairement le thème du moment. Leur intérêt pour ce continent est d’ailleurs assez large puisqu’il n’est pas circonscrit à un seul secteur. On les voit aussi bien dans les infrastructures que le tourisme, la mode, la chimie ou la pharmacie. Ils recherchent surtout des ouvertures sur leur propre marché », assure Sophie Javary.
Dans ce contexte très compliqué pour l’ensemble des acteurs bancaires, la banque en profite pour se renforcer dans le domaine du private quity, toujours très dynamique compte tenu des niveaux de « dry powder » de l’ensemble des protagonistes. Elle a notamment conseillé Ardian lors de la vente de Novacap à Eurazeo ; Apax dans le cadre de la vente d’Infopro à Towerbrook ou encore PAI lors de son acquisition des hôtels B&B auprès de Carlyle.
Ce début d’année a également été assez terne pour les IPO qui, sur la zone EMEA n’ont généré que 10 milliards d’euros contre 25 milliards l’an passé, à mi année. « L’environnement des IPO reste pourtant très porteur et nous pensons que la seconde partie de l’année, qui aura évacué les craintes liées au Brexit, sera plus dynamique sur ce segment. Plusieurs opérations sont d’ores et déjà dans les tuyaux », précise Thierry Olive, managing director, global head du département ECM chez BNP Paribas. Parmi les dossiers susceptibles de sortir, se trouvent Oberthur (après avoir renoncé au début de l’année compte tenu des conditions de marché), le groupe de cliniques Médipôle, propriété de Bridgepoint ou Afflelou.
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