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EDF se désengage du charbon
La France a tendance à se désengager de l’utilisation du charbon, comme une énergie à part entière. Il y a un an, c’était le groupe pétrolier Total qui annonçait son désengagement du charbon avec la vente de Total Coal South Africa qui exploitait des sites de production de charbon en Afrique du Sud. Aujourd’hui, c’est au tour d’EDF d’engager un mouvement identique. Le groupe français serait en effet sur le point de vendre sa filiale EDF Trading à deux groupes japonais. Selon le quotidien financier japonais, Nikkei, les japonais Tokyo Electric Power (Tepco, qui exploite notamment Fukushima) et Chubu Electric Power seraient intéressés par l’activité de commerce du charbon d’EDF. Une coentreprise entre les deux groupes japonais, dénommée Jera, porterait le rachat d’EDF Trading (EDFT).
Cette filiale d’EDF, basée à Londres, gère environ 100 millions de tonnes de charbon sur un marché global évalué à 1,3 milliard de tonnes. Elle emploie près de 950 personnes et dispose de bureaux aux Etats-Unis, au Canada et en Asie, dont le Japon. Elle a dégagé l’an dernier un bénéfice net de 300 millions d’euros et intervient sur le marché de gros de l’énergie, que ce soit l’électricité, le gaz ou le charbon. Elle est aussi présente sur les marchés du gaz naturel liquéfié, du fret et des produits environnementaux. L'acquisition d'EDFT par Jera lui permettrait d'avoir un volume de transactions important pour alimenter des compagnies étrangères en plus de son propre approvisionnement proche des 20 millions de tonnes par an, souligne le quotidien japonais. Jera serait aussi en discussion avec EDF pour un partenariat dans le commerce du gaz naturel liquéfié qui serait une extension d'un accord déjà existant entre eux.
Les centrales à charbon sont vue d’un mauvais œil dans les pays développés, du fait du dégagement de CO2 qu’elles entrainent et la volonté de ces pays à baisser leurs émissions de gaz à effet de serres. Mais les pays émergents sont plutôt demandeurs de ce combustible, comme la Chine par exemple mais aussi le Japon où le pays doit faire face à une baisse de production d’energies. En effet, le Japon est en pleine modernisation de ses équipements en remplaçant les anciens par des installations plus modernes et moins polluantes. Mais surtout le pays doit faire face à l’arrêt de ses centrales nucléaires après l’accident de Fukushima en 2011, seules 3 installations fonctionnent aujourd'hui sur les 42 existantes. Tepco et Chubu Electric, qui alimentent principalement en courant les régions de l'est et du centre du Japon, sont donc confrontées à ces baisses de revenus et souhaitent trouver d’autres ressources pour leurs centrales thermiques.
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