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Presse allemande : maintenant, Angela Merkel doit attendre

La coalition attend nerveusement la décision des juges de Karlsruhe sur des mesures phares, le pacte budgétaire et le MES. Christian Noyer plaide pour couper le lien entre banques et Etats, avec une union bancaire.
Ce mercredi, la Sueddeutsche Zeitung revient sur l'attente de la décision des juges de Karlsruhe sur le MES et le pacte budgétaire : "La Cour constitutionnelle se prononcera seulement en septembre sur la requête contre le fonds de sauvetage MES et le pacte budgétaire. Certes, l'Eurogroupe se montre prudemment rassuré, mais la chancelière Merkel doit craindre que son projet le plus important soit menacé". Le quotidien rappelle que "le plan initial a maintenant définitivement disparu. Le fonds de sauvetage durable de l'euro devait être libéré en juillet. Mais plusieurs requêtes ont été déposées auprès de la cour constitutionnelle, et ont obligé le report de la loi." Le quotidien poursuit : "La chancelière Merkel doit maintenant attendre 58 jours, pour que la plus haute Cour allemande déclare le sauvetage de l'euro dans sa forme actuelle conforme à la Constitution - et ainsi approuve l'un des plus importants projets du gouvernement fédéral. Si le fonds échoue, cela pourrait avoir des implications majeures pour l'euro et l'avenir de l'Europe. En conséquence, les politiciens de la coalition se sont montrés nerveux dans les derniers jours", note la Sueddeutsche Zeitung. Sur la sortie de la crise, le Handelsblatt a interrogé Chistian Noyer, le chef de la Banque de France. Selon lui, "le lien entre les banques et les Etats doit être coupé". Le quotidien explique que pour Christian Noyer, "les problèmes de l'euro doivent être pris à la racine : seule une union bancaire pourrait remettre la politique monétaire à flot - et éviter de nouveaux achats d'obligations par la BCE". La Frankfurter Allgemeine Zeitung interroge pour sa part une spécialiste du secteur : "La chercheuse spécialisée sur la question des banques, Claudia Buch, voit seulement deux voies de sortie de la crise de la dette : soit la Banque centrale européenne prend le relai sur les dettes des Etats - soit elles sont placées dans un fonds d'amortissement." Interrogée sur les eurobonds, elle estime que c'est "une mauvaise idée d'avoir une responsabilité durable et commune sans le contrôle mutuel correspondant. Le pacte d'amortissement de la dette signifierait au contraire simplement une mise en commun temporaire et limitée, pour construire un pont, afin de sortir de la crise actuelle." Quant à la volonté, pour certains membres du gouvernement allemand, d'accepter les eurobonds en échange d'une plus grande intégration politique, Claudia Buch estime que "les eurobonds dans le cadre d'une union politique, donc avec un contrôle commun et un transfert de compétences fiscales, serait théoriquement une alternative sur le long terme. Mais cette voie ne me semble pas réaliste d'un point de vue politique. Car la condition serait que tous les pays renoncent à leur souveraineté sur des questions élémentaires, comme les lois de finance." Par ailleurs, dans son pays, Angela Merkel subit un nouveau revers : sa transition énergétique pourrait coûter beaucoup plus cher que prévu. Le Handelsblatt explique ainsi qu'elle "fait face à un dilemme. Les coûts de sa transition énergétique pourraient échapper à tout contrôle - au détriment des citoyens et de l'économie. L'appel à une modification de la trajectoire du gigantesque projet se fait de plus en plus pressant".
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