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B&B Hôtels, un leader français construit par LBO
PAI Partners, qui n’avait pas réalisé de deal en France depuis l’acquisition du groupe de services aux personnes âgées DomusVi en septembre 2014, reprend du service. Le fonds de private equity est entré en négociations exclusives avec Carlyle et Montefiore Investment pour leur racheter B&B Hôtels, le leader de l’hôtellerie économique dans l’Hexagone. Si le prix n’a pas été dévoilé par les parties, il oscillerait entre 850 et 900 millions d’euros selon l’AFP. PAI Partners compte puiser dans son sixième véhicule d’investissement, qu’il a bouclé à 3,3 milliards d’euros en mars dernier et compte déjà six participations.
B&B Hôtels est un vieux routier du LBO, qui entame ici sa quatrième vie sous la houlette d’un fonds de private equity. En 2003, le britannique Duke Street prenait le contrôle du troisième acteur français de l’hôtellerie économique auprès de deux personnes physiques pour plus de 200 millions d’euros, dont 100 millions de dette. A l’époque, le fonds qui venait d’ouvrir un bureau à Paris (il l’a depuis fermé en 2013) misait sur le développement de cet acteur dans un marché fragmenté, et a pour cela fait venir Georges Sampeur, ancien dirigeant de Carlson Wagonlit France. Deux ans plus tard, il revend le groupe à Eurazeo pour 383 millions d’euros. L’investisseur coté fait quasiment doubler le nombre d’hôtels à 223 établissements en cinq ans et fait grimper le chiffre d’affaires de 82 à 178 millions d’euros entre 2005 et 2009, pour une marge d’Ebitdar de 40%. Sur la même stratégie que le leader Accor, l’actionnaire décide de vendre les murs des hôtels à sa filiale immobilière, ANF, de façon à ce que cette dernière finance l’ouverture de nouveaux hôtels.
Au bout de cinq ans, Eurazeo met la société en vente, et l’actif, qui a bien résisté à la crise économique, suscite l’appétit du private equity mais aussi des industriels. Si Bridgepoint était le mieux disant au départ, le groupe passe finalement dans l’escarcelle de Carlyle et Montefiore en minoritaire, pour un prix de 485 millions d’euros, dont un produit net de 184 millions pour le cédant. A nouveau, la société développe ses parts de marché et devient la première chaîne d’hôtellerie économique haut de gamme en France, avec un chiffre d’affaires de 320 millions d’euros et une présence dans sept pays. En juillet dernier, Carlyle a mandaté la banque Morgan Stanley pour étudier une cession du groupe ou son introduction en Bourse en fonction des conditions de marché, sachant qu’il en attendait près d’1 milliard d’euros. Mais les perturbations de marché de l’été liées aux inquiétudes sur la Chine ont eu raison des projets d’IPO en France au second semestre.
C’est finalement PAI Partners, qui a d’importants moyens depuis le closing de son dernier fonds, qui reprend le flambeau pour un quatrième LBO. Les défis sont importants pour B&B Hôtels, qui doit affronter la concurrence des nouveaux acteurs Internet comme Airbnb. Accor s’est déjà montré à l’offensive, avec la mise en place d’une plateforme de réservation ouverte aux hôteliers indépendants. Les concurrents devront faire de même pour pouvoir survivre dans un secteur en pleine mutation.
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