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Bras de fer engagé entre Commerzbank et la BCE
Les critiques vont bon train contre la politique monétaire de la BCE. Surtout du coté de l’Allemagne où les taux moyens de l’ensemble des obligations allemandes est passé sous les 0% très récemment. Ainsi, la Banque Centrale Européenne impose-t-elle un taux négatif équivalent à 4 euros annuels pour 1000 euros placés dans ses caisses. Cela devrait normalement encourager les banques à ne plus laisser leur argent dormir dans les caisses de la BCE et de relancer les emprunts.
Or, les banques ne l'entendent pas comme cela. Les taux négatifs pourraient en effet avoir un impact non négligeable sur leur rentabilité, puisqu'ils impliquent un coût direct sur les réserves excédentaires des banques. Selon Reuters, c’est contre cette politique que Commerzbank aurait décidé de garder dans ses caisses ses milliards d’euros d’excédents plutôt que de payer en les plaçant à la BCE. Détenue en partie par l’Etat Allemand (16% du capital), cette décision marquerait un pas de plus vers une campagne de contestation de plus en plus exacerbée outre Rhin.
Garder des milliards d'euros dans un coffre se limite à quelques contraintes non négligeables, à commencer par le coût significatif en terme d’assurance (contre le feu, le vol et autres sinistres). Plusieurs compagnies d’assurance allemandes auraient d'ailleurs déjà reçu bon nombre de demandes de ce type de la part des banques. Enfin, de tels dépôts posent aussi le problème des infrastructures permettant de conserver les fonds dans un coffre. Selon Reuters, 2 milliards d’euros en billet de 200 euros pèserait pas moins de 11 tonnes…
Pour faire face à la politique de taux négatifs de la BCE, certaines banques ont décidé de répercuter les taux négatifs sur leurs clients, signifiant par là que les dépôts seraient taxés. C’est déjà le cas de trois banques allemandes, Deutsche Skatbank (pénalité de 0,25% sur des dépôts supérieurs à 500 000 euros), Deutsche Bank et Commerzbank. Et la France commence à s’y mettre, le groupe BPCE ayant été le premier à admettre facturer les dépôts de certains gros clients, notamment dans sa filiale Natixis Financement.
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