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Nouveau rebondissement de taille dans le dossier Saint Gobain/Sika
Nouveau rebondissement, et de taille dans la bataille qui oppose Saint Gobain à Sika : la justice suisse a donné raison à la direction de la société suisse qui souhaitait limiter à 5% les droits de vote de la famille fondatrice de Sika, laquelle a vendu en 2014 sa participation de 16,1% (représentant 52,4% des droits de vote) à Saint Gobain. Depuis lors, le board de l’entreprise suisse, tout comme de très nombreux actionnaires puissants, se battent pour remettre en question la vente de cette pépite au français.
Cette décision est majeure car elle remet donc en cause le poids de la famille au sein de son entreprise et par la même occasion celui du paquet de titres vendu à Saint Gobain pour la modique somme de 2,5 milliards d’euros. Il est sûr qu’une participation ne donnant que 5% des droits de vote ne vaut plus la même chose. Surtout, le groupe français qui comptait en prendre le contrôle ne peut plus travailler sur les mêmes bases. Le holding familial a fait appel de cette décision.
En parallèle, la famille Burkard s’est déclarée ce week-end ouverte à des négociations avec le board. Ce qui veut dire que le deal initial pourrait sensiblement évoluer. Si certains médias suisses ont évoqué une nouvelle offre de la part de la direction de Sika, les principaux intéressés ne confirment rien. Surtout pas Saint Gobain qui se montre toujours aussi serein, confirmant sa volonté de mener à bien son projet de prise de contrôle de Sika. Le groupe de matériaux de construction a même rappelé que l'accord conclu en décembre 2014 était valable jusqu'en juin 2017, et qu'il pouvait le proroger jusqu'en décembre 2018. Il précise également que compte tenu de l'évolution de la parité euro/franc suisse et des modalités de l'accord, le prix à débourser s'amenuise au fil des mois pour lui.
Dans un autre journal suisse, le président de Sika, Paul Haelg, a déclaré de son côté que la société avait une proposition à faire, susceptible de représenter une meilleure alternative pour la famille Burkard qu'une vente à Saint Gobain... Aucune précision n’a été donnée sur cette proposition. "J'aimerais d'abord discuter avec la famille des paramètres concrets", a indiqué M. Haelg. "Mais ce sera une solution financièrement attractive et rapide, qui préservera l'indépendance de Sika."
Une telle offre est-elle contractuellement possible compte tenu de l’accord qui lie par ailleurs la famille Burkard et Saint Gobain ? Si le Français s’y refusait, cela compliquerait assurément cette alternative, à moins que la firme dirigée par Pierre-André de Chalendar, finalement lasse de ces péripéties à répétition, n’accepte de toucher une juteuse indemnité de rupture. Ce lundi, l’action Saint Gobain perd un léger terrain de 0,5% tandis que l’action Sika s’envole de plus de 10%.
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