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Sur les marchés / Marchés financiers

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Marchés financiers

Marchés : ceux qui restent calmes… et les autres

Les experts sont plus divisés que jamais à propos de la récente correction des marchés. Si la chef stratégiste de BlackRock juge que les fondamentaux sont bons, Morgan Stanley estime que les soubresauts récents ne sont que « l’apéritif » et prédit un regain violent de volatilité.
NYSE - Bourse - drapeau américain - New York - USA - Etats-Unis
NYSE - Bourse - drapeau américain - New York - USA - Etats-Unis

Après un long week-end en raison de President’s Day ce lundi, le marché américain est à nouveau retombé dans le rouge mardi, l’indice Dow Jones reculant de plus de 1% sur fond de craintes sur la remontée de l’inflation - et par conséquent des taux directeurs - plus rapide que prévu. Les marchés semblent certes moins en mode « panique », comme en témoigne le VIX qui a nettement chuté depuis le pic de début février. Malgré tout, cet accès de nervosité où les bourses ont décroché de 10% en quelques séances, est semble-t-il arrivé par surprise. Les marchés étaient sans aucun doute en pleine euphorie - complaisants diront même certains - depuis l’élection présidentielle US, soit depuis de longs mois maintenant.

Alors s’agit-il d’un simple réalignement après une longue période de hausse des marchés, ou bien des prémices d’un véritable décrochage boursier ? Une chose est sure : les experts ont des avis diamétralement opposés sur la question. Profitant de ce week-end prolongé, toutes les grandes maisons de gestion ont publié des notes d’analyse sur l’état du marché. Parmi elles, Morgan Stanley est sans aucun doute la plus alarmiste en ce moment : Andrew Sheets, le stratégiste en chef cross-assets de la banque, considère que la récente correction n’est qu’un « apéritif, pas le plat principal » au regard de ce qui attend les marchés en 2018. Ce dernier estime que pour le moment, les indicateurs et les résultats des sociétés sont bien orientés. Mais « les choses vont devenir plus difficiles, après le Q1. Après mars, les marchés devront digérer une inflation core en hausse, des indices d’achats en baisse, des surprises économiques et (potentiellement), des révisions de résultats ».

A l’inverse, BlackRock est désormais plus bullish sur les actions américaines, à la faveur de la réforme fiscale et du bond des résultats des entreprises. Selon Kate Moore, chef stratégiste actions chez BlackRock, « l’histoire fondamentale est la meilleure qui ait été, ce qui est surprenant étant donné que nous sommes déjà allés loin dans le cycle ». La stratégiste est en particulier enthousiaste sur les titres américains, plus que tous les autres. « Ce qui s’est passé aux US en raison des coupes fiscales et du stimulus fiscal est quelque chose que nous n’avons jamais observé ». Toutes les régions montrent des progrès dans les révisions de résultats corporate, mais rien de comparable aux US. L’Europe a un momentum solide de résultats mais il est dépassé par les US, et les révisions au Japon sont dérisoires ». Mais elle reste pour autant prudente : « Nous reconnaissons que le rythme d’upgrades et de croissances des profits va ralentir. Nous devrons étudier cela de très près… Nous sommes sur un bateau agité en ce moment ».

De son côté, le chef économiste de Goldman Sachs, Jan Hatzius, est davantage préoccupé par le déficit budgétaire abyssal que vient de voter le Congrès, et du dérapage des dépenses qui entrent en « territoire inconnu ». La banque américaine anticipe que le déficit fédéral pourrait atteindre 5,2% en 2019, et « continuer à s’aggraver à partir de là ». Le stimulus fiscal sera certes positif pour la croissance – de 0,7 point cette année et 0,8 point en 2019 – mais ses effets disparaîtront rapidement après cela, juge l’économiste. Pour l’instant, le pays emprunte à des taux bas, mais le creusement du déficit pourrait mettre fin à cette situation. « Nous anticipons que la hausse des taux d’intérêt et du niveau de la dette vont conduire à une augmentation significative des dépenses d’intérêts », conclut Jan Hatzius, qui anticipe 1000 milliards de dollars d’emprunts fédéraux cette année, et une dette publique à 85% du PIB en 2021 (contre 77% en 2017). Et même 150% en 2047 si l’on continue comme cela, prévient le Bureau Budgétaire du Congrès.


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