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Les voisins de la Grèce veulent éviter la contagion de leur secteur financier

Les banques centrales de Serbie et de Macédoine ont annoncé lundi la mise en place de contrôles de capitaux. La Bulgarie et la Roumanie restent vigilantes.
Belgrade - Serbie
Belgrade - Serbie

Alors que la Grèce a fermé ses banques lundi et mis en place des contrôles de capitaux, ses voisins restent très vigilants quant aux risques de contagion pour leur secteur financier. C’est ainsi qu’hier, la Banque centrale de Serbie (NBS) et la Banque centrale de Macédoine (NBRM) ont pris leurs dispositions. « Ces mesures de protection ont un caractère temporaire et sont prises afin de faire face à la menace d'une sortie éventuelle et plus importante de capitaux de la Macédoine vers sa voisine du sud, sortie qui serait de nature à provoquer une importante perturbation de la balance des paiements et de la stabilité du système financier», selon le communiqué de la banque centrale macédonienne. La Bulgarie et la Roumanie restent, quant à elles, en alerte.

Les secteurs bancaires de ces pays sont en effet bien exposés à la Grèce. Les banques grecques détiennent environ 20% de la totalité des avoirs banquiers en Macédoine. Les quatre premiers établissements hellènes totalisent 28% des actifs du secteur bancaire bulgare et 12% des actifs en Roumanie. En outre, Piraeus Bank, Eurobank Ergasias, National Bank of Greece et Alpha Bank ont des filiales en Serbie, Roumanie et Bulgarie. Par exemple, United Bulgarian Bank est détenue à 99,9% par National Bank of Greece.

« Si une filiale grecque, considérée comme systémique, venait à faire face à un manque de financement significatif, les autorités auraient à intervenir », selon une analyse de Michael Marrese de JP Morgan rapportée par Bloomberg. A noter que les filiales grecques sont restées ouvertes dans les pays voisins et que les annonces d’Athènes n’ont pour le moment pas provoqué de retraits massifs de dépôts à l’Est.

Dans le détail, les mesures de la NBRM seront en vigueur pour une durée de six mois. La banque centrale a notamment demandé aux financières du pays de retirer les dépôts et les prêts qu’elles détiennent dans les établissements installés en Grèce et dans leurs succursales dans le monde. Un contrôle des capitaux qui ne concernera que les futures transactions et non les engagements déjà existants entre des organismes macédoniens et grecs, a précisé l’institution.

La banque centrale serbe a, elle, indiqué avoir accru la supervision des succursales et limité les transactions entre les filiales des banques hellènes et leurs maisons mères. Du côté de la Bulgarie, la banque centrale a affirmé que les établissements étaient bien capitalisés et que les mesures du gouvernement grec « ne sauraient en aucun cas affecter le fonctionnement régulier et la stabilité du système bancaire bulgare ».

Plus largement, la Fédération bancaire européenne se veut également rassurante. « L’EBF estime que le système économique et financier européen est suffisamment robuste pour faire face à de possibles répercussions négatives. Ces dernières années, les banques européennes ont significativement réduit leurs expositions à la Grèce, limitant ainsi grandement le risque de contagion au système bancaire d’autres pays », a fait savoir ce matin l’organisme dans un communiqué.

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