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Les bonnes oeuvres d'Eramet

La filiale néo-calédonienne du groupe va lancer l'exploration de nouveaux gisements malgré un contexte marqué par la surproduction et la baisse des prix.
Chacun voit midi à sa porte. Notamment dans l'hémisphère sud. Une semaine après le renouvellement du pacte d'actionnaires au sein de la SLN qui acte le poids des trois provinces néo-calédoniennes (34% du capital) au côté d'Eramet (56%) et du principal client japonais Nisshin (10%), la société a décidé de lancer les discussions avec la province Sud et le brésilien Vale en vue de l'éventuelle exploration et exploitation des gisements de Prony et Creek Pernod. Le contexte très particulier propre à la Nouvelle-Calédonie explique sans doute cette accélération alors qu'Eramet constatait, il y a dix jours, que le chiffre d'affaires de son activité nickel (25% de ses ventes) avait reculé de 11% sur les neuf premiers mois de l'année en raison d'une chute de 27% du cours du nickel. Et, le groupe dirigé par Patrick Buffet expliquait cette dégradation par la montée en régime de nouveaux projets dans un contexte de faible croissance de la demande. Et en déduisait qu'il fallait s'attendre, étant donné que la conjoncture est aussi très maussade dans le manganèse (50% de son activité) à un résultat opérationnel au deuxième semestre inférieur à celui du premier lui même en recul de 78% sur celui de 2011. Ces éléments conjoncturels et financiers semblent peser assez peu par rapport aux considérations politiques qui impliquent que la SLN a vocation à exploiter l'ensemble de son domaine minier y compris les gisements dont les faibles teneurs n'étaient pas autrefois valorisables. La filiale d'Eramet se réjouissait ainsi, cet été, d'avoir lancé des exploitations minières sur la Côte Est avec des entreprises locales qui ont créé des emplois pour les jeunes des tribus de la région. Par ailleurs, la SLN soulignait qu'elle avait versé 168 millions d'euros de dividendes et d'impôts aux trois provinces. Dans le même temps Eramet constatait que sa trésorerie nette avait significativement baissé, notamment en raison des dividendes particulièrement élevés versés aux actionnaires minoritaires de SLN ! Dans ces conditions, le FSI qui a remplacé Areva au capital, au printemps, peut sans doute se consoler de sa moins-value latente de 100 millions d'euros en six mois, en sachant qu'il a payé un prix raisonnable (776 millions pour 26% des actions) en raison de la chute de 55% du cours de bourse en trois ans qui anticipait une mauvaise conjoncture qui avait autrefois échappée à Anne Lauvergeon.
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