WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Actualité des sociétés

Entreprises / Actions
Actualité des sociétés

Le redéploiement de Casino est loin d'être terminé

Les résultats 2016 du distributeur profitent essentiellement de la cession de la Thaïlande et du Vietnam, avec un sensible repli de l'endettement à la clef. Le groupe dorénavant recentré sur l'Amérique Latine et la France entend maintenant rationaliser son parc de magasins et poursuivre sur la voie des économies de coûts.
Casino logo
Casino logo

La Bourse est décidément l'école de l'anticipation. Malgré des résultats 2016 solides, performances qui ont surtout permis de confirmer le franc désendettement de l'entreprise, l'action Casino chute ce mardi sur la place de Paris. En cause, les annonces faites sur ses anticipations en Amérique Latine, son deuxième pied. Déception d'autant plus vive que le groupe vient de sortir du Vietnam et de la Thaïlande pour se concentrer, à l'international, sur le seul continent sud américain, lequel est donc censé contrebalancer l'atonie de la France. Mais le Brésil est malade depuis plusieurs années et son redressement est lent et difficile. La firme vient, certes, de s'organiser pour laisser de côté le non alimentaire et se focaliser sur l'alimentaire, moins dépendant des aléas macro-économiques de la zone. Elle a, parallèlement, mis le turbo en France pour céder les magasins les moins rentables, accélérer le développement des formats les plus prometteurs (essentiellement les magasins de proximité en centre-ville) et redimensionner ses hypers. Le tout dans un contexte de grande rigueur financière, dans l'optique de gagner encore sur les coûts de fonctionnement. Et cette année encore, la direction du groupe ne devrait-elle pas ménager ses efforts pour aller plus loin dans ces redéploiements.

Mais cette feuille de route n'a manifestement pas convaincu les investisseurs qui, loin de regarder les données 2016, en demandent davantage. Depuis l'intervention médiatique du fonds activiste Muddy Waters en 2015, le titre Casino a joué au yoyo, cédant un large terrain avant de se reprendre assez significativement, au rythme des promesses de cession d'actifs et de réduction de la dette. Ce qui a permis à l'action de passer de 35 euros à 55 euros ! Au grand dam des vendeurs à découvert. Mais Jean-Charles Naouri, le patron du distributeur, en paie aujourd'hui les conséquences puisque de l'avis des investisseurs, l'amélioration des comptes est déjà dans les cours mais pas ce qui attend le groupe à court et moyen terme. En dépit du repli de ce mardi, l'action gagne encore 8,5% depuis le début de l'année mais reste encore très éloignée de ses plus hauts de 97 euros atteints en 2014.

Précisons que le distributeur a publié un résultat opérationnel courant 2016 de 1,03 milliard d'euros, un bénéfice net part du groupe consolidé en très forte progression à 2,68 milliards d'euros, gonflé par les plus-values de cession. La direction précise que Casino a généré un cash-flow libre positif de 273 millions d'euros, en excluant l'acompte sur dividende versé au titre de 2016. Les efforts sur les coûts et le plan de cession ont permis de faire descendre la dette financière nette consolidée de 6,07 milliards fin 2015 à 3,37 milliards fin 2016.

La période est, de toute façon, très compliquée pour l'ensemble des distributeurs, confrontés à une concurrence toujours plus exacerbée rognant sur les marges, une évolution en profondeur des habitudes des consommateurs et une consommation capricieuse en France. Certains spécialistes du secteur s'attendent d'ailleurs à d'inéluctables mouvements de concentration. Sous le regard sévère et intransigeant des organes anti-trust.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article