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Pourquoi distribuer des bonus sous forme de cocos

Barclays propose de distribuer des obligations convertibles en capital pour rétribuer ses cadres dirigeants.
Barclays a jeté un pavé dans la mare. Alors que l'Union Européenne contraint désormais à verser une large part des bonus en actions, la banque britannique a annoncé qu'elle pourrait récompenser ses cadres en leur distribuant des obligations convertibles contingentes. Grâce à ces titres, baptisés cocos, Barclays espère pouvoir renforcer ses fonds propres facilement en cas de difficultés. Le système est loin d'avoir fait ses preuves. Selon le Financial Times, Barclays aurait approché la Financial Services Authority (FSA) pour distribuer ces cocos à quelques 1.000 cadres supérieurs pour leur bonus du mois prochain. Les détails de ce plan ne sont pas encore dévoilés et il doit recevoir l'aval du régulateur. A priori, les autorités de régulation regardent plutôt d'un bon oeil ces cocos. Lloyds avait été l'un des premiers à se lancer dans l'aventure. Le britannique a été suivi par Rabobank. Et depuis, le régulateur suisse a demandé à Crédit Suisse et UBS d'émettre également du capital contingent pour se renforcer. Dans l'absolu, la distribution de cocos pourrait encourager les managers à être plus respectueux des intérêts de l'entreprise. Et ce contrairement à la distribution de cash. L'Union Européenne contraint désormais à différer au moins 40% de la rémunération des traders, et de verser 50% de la partie versée immédiatement et de celle distribuée plus tard, en actions. Le système à ses limites, maximiser le cours de l'action n'est pas forcément raison et peut encourager encore la prise de risques. Ce qui ne serait pas le cas avec des cocos. Dans la mesure où les obligations convertibles que les cadres auront reçues seront immédiatement transformées en capital si la banque passe par exemple sous un certain niveau de fonds propres, ils devraient se montrer plus raisonnables. Ce serait aussi une bonne nouvelle pour les contribuables et les banques. Selon un membre de la banque d'Angleterre, si les principaux établissements nationaux avaient versé la moitié des bonus sous la forme de capital contingent dans les années précédant la crise, le ratio Tier 1 de fonds propres de ces établissements ne serait pas de 8% mais de 11%. Il est difficile de juger de la pertinence de ces bonus en cocos, sans connaître exactement leur fonctionnement. On peut d'ores et déjà soulever quelques objections. D'un point de vue technique, le marché des cocos n'est pas encore développé et les régulateurs internationaux doivent se mettre d'accord sur la façon de considérer ces titres. Deuxièmement, un dirigeant a beau être incité à maximiser les fonds propres de sa banque, il n'est pas toujours à même d'évaluer les risques qu'il prend et peut se retrouver avec un niveau de fonds propres catastrophique à ses dépens. Enfin, les cocos pourraient être utilisés un peu trop tard. "Parce que la conversion ne se produit que lorsque la crise est proche, elle ne prend pas en compte les intérêts des obligataires, juste au moment où c'est le plus important. Les dirigeants pourraient alors se laisser aller à prendre encore plus de risques", défend l'éditorialiste John Plender.
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