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Sanofi met le paquet pour réussir son opération de croissance externe

Le géant pharmaceutique français offre une prime de 64% par rapport au dernier coté de l'Américain Bioverativ spécialisé dans le traitement de l'hémophilie. Il lui en coûtera 11,2 milliards de dollars. Mais après deux vaines tentatives, Sanofi avait-il le choix d'ergoter sur le prix sauf à se faire souffler à nouveau le deal ?
Olivier Brandicourt - Sanofi
Olivier Brandicourt - Sanofi

Après deux vaines tentatives, Sanofi annonce s’être entendu avec l'Américain Bioverativ, spécialisé dans les traitements contre l'hémophilie, pour en acquérir 100% du capital au prix de 105 dollars par action pour un total de 11,2 milliards de dollars. L’opération offre une prime de 64% par rapport au dernier cours coté de la société.

Il s'agit là de sa plus grande acquisition depuis Genzyme en 2011, autre biotech américaine spécialisée dans les maladies rares, rachetée pour plus de 20 milliards de dollars en avril 2011. Pour financer cette opération, le géant pharmaceutique français puisera pour moitié dans sa trésorerie, l’autre partie étant assurée par emprunt.

L’idée du groupe dirigé par Olivier Brandicourt est de se renforcer sur le segment des maladies rares, cette acquisition devant être relutive dès 2018. Ce matin pourtant, les investisseurs boudent le titre Sanofi : il perd quasiment 3%, certains analystes jugeant le prix retenu pour s’adjoindre Bioverativ quelque peu onéreux.

Mais Sanofi avait-il le choix face à une inflation des offres et des prix pour ce genre de sociétés ces dernières années ? C’est d’ailleurs pour n’avoir pas vraiment mis le prix qu’il a vu deux proies de choix lui échapper. La dernière en date n’est autre qu’Actelion qui a finalement préféré faire affaire avec Johnson & Johnson malgré les 28 milliards d’euros mis sur la table par Sanofi. Un an plus tôt, Medivation, le spécialiste des traitements cancéreux, donnait la préférence à Pfizer.

Pour trouver de nouveaux relais de croissance et compléter son portefeuille de médicaments, Sanofi se devait donc de mettre le paquet sauf à prendre le risque de se faire une fois de plus souffler ce deal et de se faire distancer par ses concurrents. Ce sont d’ailleurs les mêmes experts qui, après les deux derniers échecs, se montraient circonspects sur l’avenir du géant français s’il ne parvenait pas à réussir rapidement d’autres opérations de croissance externe.

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