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IPO : l'Europe est plus accueillante que les Etats-Unis!

First Data est péniblement parvenu à entrer en Bourse sous sa fourchette d’introduction, tandis que WorldPay à Londres et la Poste italienne à Milan ont reçu de bons accueils. Les candidats américains surendettés sont pénalisés.
IPO pièces
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Pour une fois, il semblerait que les corporates européens n’aient rien à envier à la profondeur et la liquidité de Wall Street. Les récentes introductions en Bourse montrent ainsi que le marché américain accueille avec plus de circonspection les candidats à la Bourse, qui doivent revoir à la baisse leurs ambitions pour boucler leur opération et ne pas plonger lors de la première journée de cotation. Ainsi, le groupe de services de paiement First Data a fixé son prix d’introduction à 16 dollars par action, contre une fourchette de 18 à 20 dollars fixée auparavant, mais a tout de même levé 2,56 milliards de dollars, soit la plus grosse IPO de l’année outre-Atlantique. Or, si les nouveaux venus de la Bourse US gagnent en moyenne 10,5% pour leur première séance depuis début septembre, rien de tel pour First Data, qui a oscillé autour de son prix d’entrée avant de clôturer en baisse de 1,5% à 15,76 dollars.

La veille, le distributeur Albertsons qui projetait de lever 1,6 milliard de dollars sur les marchés, avait dû reporter son IPO en raison des mauvaises nouvelles annoncées par le géant Walmart, dont le bénéfice par action va chuter significativement pour prendre en compte les hausses de salaires. Après avoir patienté un jour, il a finalement décidé ce jeudi d’attendre des jours meileurs. Et la semaine passée, le groupe téélcoms Digicel avait renoncé à collecter 1,8 milliard de dollars en Bourse, soit la plus grosse IPO reportée de l’année aux US.

Certes, le marché US reste assez volatil en raison de l’incertitude grandissante des investisseurs sur la possibilité pour la Fed de relever ses taux d’ici à la fin de l’année. Mais il reste haussier, avec un S&P 500 en hausse de plus de 5% depuis le début du mois. En réalité, les deux prétendants au NYSE ont chacun des faiblesses qui pourraient expliquer le manque d’appétit du marché. Sous LBO avec KKR depuis 2007, First Data compte employer l’argent levé au remboursement d’une partie de sa dette abyssale de 21 milliards de dollars. Et n’a publié qu’un seul profit trimestriel depuis qu’il a été sorti de la cote. Enfin, ses revenus n’ont grimpé que de 2% en moyenne contre 11% pour le volume du marché des paiements, selon Sanford C Bernstein & Co. Même syndrome concernant Albertsons, la chaîne d’épicerie détenue par Cerberus Capital Management, qui ambitionnait de réduire sa dette de 12 milliards de dollars afin de financer sa croissance et de concurrencer le leader du pays, Kroger.

Malgré les soubresauts de l’été liés à la Chine, l’Europe semble aujourd’hui bien plus réceptive aux nouveaux venus en Bourse. WorldPay, un concurrent direct de First Data détenu par Advent International et Bain Capital, a levé 890 millions de livres (1,2 milliard d’euros) à la Bourse de Londres, à nouveau afin de rembourser sa dette, et a grimpé de près de 10% en trois séances. Par ailleurs, le gouvernement Renzi est en train de céder 37% de la Poste italienne (Poste Italiane) par la voie d’une IPO et pourrait lever jusqu’à 3,7 milliards d’euros, soit la plus grosse introduction de l’année en Europe. Selon des sources proches du dossier, le livre d’ordres avait été totalement couvert hier, y compris l’option de surallocation. Un contexte favorable pour la banque néerlandaise ABN Amro, qui doit également être privatisée par une entrée en Bourse.

Si le marché des IPO européennes a été calme au troisième trimestre, avec 4,6 milliards d’euros levés contre 6,6 milliards l’an passé, il pourrait passer la barre des 50 milliards d’euros atteinte l’an passé grâce aux nombreux projets en cours, notamment ceux de Deezer et Amundi en France. Aux Etats-Unis, les investisseurs scruteront de près l’accueil finalement réservé à Albertsons, mais aussi à Ferrari, qui doit collecter 900 millions de dollars la semaine prochaine. Mais les nouveaux venus de la Bourse devront sans aucun doute accepter un « repricing » du marché que certains jugent normal et salutaire.


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