Accord de libre échange, quels seront les bénéfices pour l'Europe ?
Si les négociations entre l'Europe et les Etats-Unis aboutissent, le PIB européen pourrait gagner 0,4 à 0,7 points tous les ans. L'industrie automobile serait la grande gagnante.
Les négociations entre les Etats-Unis et l'Union européenne sur un accord de libre échange se sont ouvertes aujourd'hui à Washington, cinq mois après qu'Obama a officiellement annoncé leur lancement. Si la reprise en Europe ne viendra pas de l'intérieur dans l'immédiat, avec une demande déprimée et un processus de deleveraging encore important, le redémarrage des échanges, via un abaissement des tarifs à l'exportation et des barrières non tarifaires pourrait être d'un précieux soutien alors que le Vieux Continent va connaître cette année une nouvelle récession.
Malgré les aléas de l'exercice liés aux risques de tensions lors des négociations, le Center of Economic Policy Research s'est livré à un petit examen chiffré des bénéfices d'une vaste zone de libre échange, censée émerger de ces accords en 2015. Selon les chercheurs, le PIB européen pourrait augmenter de 119 milliards d'euros par an jusqu'en 2027, en se plaçant dans un scénario ambitieux de 25% de baisses des barrières non tarifaires. De leur côté, les Etats-Unis devraient voir leur produit intérieur augmenter de 95 milliards par an sur la même période. Ce qui représente un gain de revenu de 545 euros par ménage par an et par famille en Europe (une famille de quatre personnes).
Sachant que le reste du monde profitera également de cette vaste zone de libre échange : les autres pays devraient connaître une hausse de leur PIB de 100 milliards d'euros. En outre, cette nouvelle région d'échanges facilités, qui devrait représenter un tiers du commerce international et la moitié du PIB mondial, ne pourra qu'inciter les pays tiers à adopter de tels préceptes, selon les chercheurs.
Les gains réalisés par les deux zones proviendront naturellement d'une hausse de leurs exportations : celles du Vieux Continent à destination des Etats-Unis devraient grimper de 28%, soit à hauteur de 187 milliards d'euros, tandis que le commerce américain et européen avec le reste du monde augmentera de plus de 33 milliards. D'un point de vue global, les ventes de l'Europe à l'étranger augmenteront de 6% (220 milliards d'euros) et de 8% pour les Etats-Unis (240 milliards d'euros).
Les bénéfices seront particulièrement importants dans le secteur des métaux (+12%), des produits alimentaires transformés (+9%), de la chimie (+9%) et des produits manufacturés (+6%). Mais c'est l'industrie automobile qui en profitera le plus, avec une hausse prévue de 42% des exportations européennes vers le reste du monde et de 43% pour les ventes américaines à destination des zones hors Europe. Un soutien qui serait le bienvenu alors que le volume des ventes de voitures a atteint cette année en Europe un plus bas depuis vingt ans. La croissance des exportations sera encore plus impressionnante entre les deux zones, puisque les exportations de voitures du Vieux Continent vers les Etats-Unis grimperont de 149%. Selon les chercheurs en effet, le secteur est l'un de ceux qui souffre le plus des barrières tarifaires et non tarifaires actuellement.
Mais ces chiffres ne deviendront réalité qu'à condition que la plupart des barrières non tarifaires soient abaissées : car 80% des gains potentiels calculés proviendront des réductions de ces barrières bureaucratiques et législatives, concluent les chercheurs !
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17/09/2021 - 10:31

