Banquiers sous pression
La démission du directeur général d'Unicredit, exigée par son conseil, contraste avec la montée en puissance discrète de Bolloré dans le capitalisme italien.
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. La démission forcée du directeur général d'Unicredit va en effet provoquer un jeu de chaises musicales dans le monde bancaire italien.
Le président de la première banque italienne, l'allemand Dieter Rampl qui assure l'interim d'Alessandro Profumo, devrait lui trouver un successeur dans les prochaines semaines, parmi les banquiers en vue de la péninsule. En tête de liste figure le directeur général de Mediobanca, Alberto Nagel, 45 ans. Dieter Rampl le connaît très bien puisqu'il est vice-président de Mediobanca dont Unicredit est, avec 8,6% du capital, le principal actionnaire du Groupe A (15,4% des actions), un des trois syndicats qui assurent le contrôle de la banque.
L'un des grands reproches faits à Profumo est d'avoir favorisé la montée en catimini, cet été, des intérêts libyens au capital d'Unicredit ( de 4,99% à 7,5%, grâce à l'arrivée d'un deuxième actionnaire public libyen) pour mieux asseoir son indépendance face au conseil d'administration et aux fondations actionnaires.
Ce genre de pratiques n'a pas cours chez Mediobanca. Hier le pacte d'actionnaires qui représente 43% du capital y a autorisé très officiellement le groupe Bolloré, leader du Groupe C (9,9% du capital) qui représente les intérêts étrangers - essentiellement français - aux côtés de Groupama, à augmenter sa participation de 4,99% à 6%, en franchisssant la barre symbolique des 5%. Bolloré pourrait en effet rendre service à Mediobanca, en reprenant une partie des 3% du capital des Generali sur les 14% qu'elle détient. Une participation que la banque doit céder dans les deux ans pour complaire à la Banque d'Italie.
Dans ce capitalisme italien très consanguin, Alberto Nagel est également vice-président des Generali, dont le nouveau président Cesare Geronzi n'est autre que l'ancien président de Mediobanca qui a évincé Antoine Bernheim au printemps. Et si les liens trop forts entre Nagel et l'ensemble Mediobanca-Generali inquiétaient les autres gros actionnaires d'Unicredit, ceux-ci pourraient se tourner vers Fabio Gallia, le directeur général de BNL, la filiale itaienne de BNP Paribas, superbement redressée ces dernières années.
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