WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Macro-économie

Macro-économie / Taux
Macro-économie

Donald Trump, plus incontrôlable que jamais

Le Président américain a menacé de mettre en place 100 milliards de dollars de tarifs douaniers supplémentaires, faisant encore monter la tension d’un cran avec la Chine. Il décrédibilise ainsi ses proches conseillers et met en péril de possibles négociations, ce qui fait chuter les marchés.
Donald Trump
Donald Trump

« L’ancienne expression était ‘parlez doucement et portez un bâton’ et maintenant nous allons tester ‘hurlez fortement et avons-nous un bâton ?’ ». Cette remarque de David Kotov, CIO de Cumberland Advisors, résume bien l’analyse des marchés après la dernière provocation de Donald Trump. Jeudi, la Maison Blanche a ainsi indiqué qu’elle envisageait 100 milliards de dollars de tarifs douaniers supplémentaires, en réponse aux représailles de la Chine. L’Empire du Milieu avait annoncé la veille vouloir instaurer 50 milliards de dollars de sanctions sur des produits américains comme le soja, les voitures ou encore la chimie, une réplique aux 50 milliards de dollars de barrières déjà annoncées par les Etats-Unis sur les produits électroniques chinois.

Une fois de plus, le Président américain a pris de court ses plus proches conseillers, dont le secrétaire au Commerce Extérieur Wilbur Ross et son éminence grise Larry Kudlow, qui s’étaient employés à rassurer les marchés en expliquant que ces tarifs n’étaient que des points de départ et que les négociations pourraient aboutir à un accord. La Chine n’a d’ailleurs pas tardé à réagir à ce nouvel affront en ce jour de congés dans l’Empire du Milieu, puisque le ministre du Commerce chinois a promis de « répliquer avec force et sans hésitation » à ces nouvelles mesures, et indiqué qu’ils « n’excluaient aucune option ». Et alors que le secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, avait mentionné des discussions sur les sujets d’exportations avec la Chine, le haut responsable chinois l’a contredit : « depuis un moment, les officiels économiques et financiers n’ont pas eu de négociations sur des sujets commerciaux ».

Un camouflet à l’égard de l’administration Trump et qui compromet surtout la possibilité de mettre les parties prenantes autour de la table pour éviter la mise en œuvre de ces tarifs. Dans un tweet vendredi, Donald Trump a élargi le sujet à l’OMC, qui selon lui considère la Chine comme un pays en développement et lui accorde des subventions, et est par conséquent injuste à l’égard des Etats-Unis. Les hauts responsables économiques de la Maison Blanche doivent se réunir aujourd’hui et convenir d’une liste de doléances envers la Chine, point de départ de possibles discussions, mais nul n’en connaît encore le détail ni les chances de succès.

Ces rebondissements ont en tout cas contribué à faire plonger les marchés, déjà échaudés par un rapport sur l’emploi décevant. L’économie américaine n’a créé que 103.000 emplois au mois de mars, mais le taux de chômage reste historiquement bas à 4,1% et les salaires ont encore progressé de 0,3%, ce qui ne devrait pas dissuader la Fed de poursuivre son resserrement monétaire, selon la plupart des analystes. A 11h, le Dow Jones reculait de 1,5% et le Nasdaq de près de 1%, alors que Facebook continue de pâtir de ses problèmes de sécurisation des données personnelles, et que le Président américain a renouvelé ses attaques sur Amazon. Ce dernier accuse le site d’e-commerce de bénéficier de largesses fiscales, mais est en réalité obnubilé par la personne de Jeff Bezos, propriétaire du Washington Post qu’il accuse d’être des «fake news».


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article