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Macro-économie
De la prise de risque à la punition de la rente
« La France a toujours été forte pour entretenir ses voisins », selon Jean Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, accompagné d’Olivier Babeau, vice-président de la fondation Concorde et de Michel Rollier, président de l’Association Nationale des Sociétés par Actions (Ansa), lors de la table ronde de ce jour. Ils regrettent un manque d’investissement dans l’économie productive et un affaiblissement de l’industrie française en comparaison avec certains de ses voisins. Ainsi, la relance de l’économie mondiale en 2007 s’est faite sur un élément vu comme le diable : la Finance. Cela se traduit par une vision forte de punition de la rente et une fiscalité en faveur de la prise de risque. Cette sur-taxation est due, selon la Cour des Comptes, à la cupidité de l’Etat Français, qui a une propension forte à utiliser le capital des ménages, avec l’idée « que cet euro sera beaucoup mieux utilisé », plutôt que de le laisser fructifier dans le privé.
C’est ainsi, que la France est le seul pays à appliquer l’ISF. L'impôt de solidarité sur la fortune, anciennement l’impôt sur les grandes fortunes a été créé en 1982 par François Mitterrand. Dans les grandes lignes, il impose les ménages possédant un capital d’une valeur minimum 800.001 euros. Avec les taux de rendement actuels nuls voire négatifs, cet impôt absorbe le capital et pénalise la croissance. D'autant plus que, les revenus du patrimoine sont d'abord imposés à l'impôt sur le revenu qui, avec la CSG, peuvent représenter plus de 60 %. A cela, s’ajoutent les différents prélèvements dus aux cessions, aux successions, sans oublier les impôts locaux. En effet, les objectifs de la fiscalité actuelle sont le rendement, l’incitation à la consommation, la punition et la redistribution. Or, pour Olivier Babeau, il manque la dernière : l’innocuité.
C’est-à-dire ce qui ne va pas nuire à l’économie. L'ISF pénalise donc d'abord l'économie en incitant à la consommation plus qu’à l’épargne, il fait fuir les capitaux et les personnes hors de France. De plus, cet impôt n’amène pas de recettes puisqu’il rapporte 5 milliards d'euros annuellement et en couterait presque le double. Le bilan est d’autant plus catastrophique avec la perte de plus d’un milliard d’emplois. L’Ansa a travaillé en ce sens et incite les pouvoir publics à réformer profondément la fiscalité. Néanmoins, cela n’est pas suffisant. Il faut recréer une stabilité économique et palier les incertitudes sur les actions de l’Etat, rééduquer les citoyens dont le niveau économique moyen est délétère. Y compris s’atteler aux connaissances de l’Etat en supprimant les grands corps « que d’autres puissent arriver aux fonctions de l’Etat sans avoir fait l’ENA… », estime Olivier Babeau, pour qui la politique doit redevenir une mission et non une carrière. Enfin, profiter pleinement de l’atout de la France : les jeunes. Néanmoins, soulignons que selon les derniers sondages, une majorité des Français n’est pas favorable à la suppression de l’ISF même si seulement un peu plus de la moitié y reconnait un caractère utileReproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

