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Comment CDC International Capital joue la carte des fonds souverains
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les 54 fonds souverains existant disposent de 6 500 milliards de dollars sous gestion et dépassent largement les 300 fonds de pension (principaux investisseurs dans le monde) qui ne gèrent « que » 6 000 milliards. On comprend mieux alors pourquoi les acteurs, que ce soit dans le capital investissement ou dans le co-investissement, souhaitent se positionner pour mieux bénéficier de cette force de frappe. C’est sur ce constat qu’en 2007, à l’heure où les fonds souverains mondiaux sortaient du bois, la Caisse des Dépôts a réfléchi à ce qu’elle pouvait faire pour travailler avec ces nouveaux investisseurs. En 2013, CDC International Capital (CDC IC) voit le jour avec comme objectif annoncé de devenir un nouvel acteur dédié aux fonds souverain en co-investissant avec eux dans le non coté. « Ces fonds sont moins normés que des fonds plus classiques et leurs stratégies peuvent être assez variables, allant d'objectifs industriels à des logiques de placement purement financier » explique Laurent Vigier, président de CDC IC. Et « à l’heure où les risques souverains ne génèrent plus de rentabilité, les fonds souverains sont prêts à déployer leur capital en diversifiant leurs actifs et ont tendance à monter en puissance en tant qu’investisseurs » continue-t-il.
Depuis toujours, les fonds souverains ont pour habitude d’investir via des intermédiaires, notamment sur le non coté. Mais « face à l’effondrement des rendements obligataires et, sur d'autres classes d'actifs, du coût élevé de l'intermédiation, plusieurs d’entre eux se sont professionnalisés et cherchent de plus en plus à investir directement sur les marchés qui les intéressent dans des stratégies de diversification » souligne Laurent Vigier. C’est sur ce créneau que CDC IC veut intervenir, en mettant en place des partenariats avec ces nouveaux acteurs, exigeants mais prêts à investir en masse. « Avec la marque Caisse des Dépôts, nous sommes vus par nos partenaires fonds souverains comme leur contrepartie naturelle en France. Or, il faut bien tenir compte de cette donnée étatique dans le monde des fonds souverains, qui constituent la traduction dans l'ordre financier de l'émergence du monde multipolaire » insiste Laurent Vigier. Résultat des courses : CDC IC dispose aujourd’hui d’une force de frappe de 3,5 milliards d’euros, et co-investit aux cotés de plusieurs fonds souverains. Originateur, structurateur et partenaire local de ces investisseurs, ces partenaires investissent ensemble (à 50/50) pour des participations minoritaires. « Ces partenariats stratégiques permettent aux fonds souverains d'accéder plus facilement à des entreprises françaises et d’avoir un impact dans le développement de notre économie» insiste Laurent Vigier. Pour les entreprises choisies, elles disposent grâce à cela d’un capital supplémentaire, tout en étant « benchmarkées » au niveau mondial, étant donné l’univers d’investissement des fonds souverains.
Au final, après plus de deux ans d’activité, le Français a déjà bouclé plusieurs contrats. Dès le départ le fonds du Qatar (Qatar Investment Authority) et celui d’Abu Dhabi (Mumbadal) ont noué un partenariat avec CDC IC, chacun apportant 150 millions chacun, le Français s’associant à chacun d’eux pour la même somme. Les 600 millions d’euros levés sont aujourd’hui investis à 45%, dans l’artisanat, l’immobilier de bureau, les réseaux de cliniques (Vivalto) ou encore dans l’enseignement (Galiléo). « Cela est représentatif des objectifs des fonds souverains qui souhaitent soit participer à l’internationalisation d’un groupe comme Galiléo soit à la consolidation d’un secteur d’activité comme avec le groupe de cliniques Vivalto » explique Laurent Vigier. Depuis, la filiale de la CDC a signé 5 autres partenariats avec chacun un objectif différent. Le premier, via un consortium d'entreprises françaises où CDC IC a pris une participation au capital de Kingdom Holding Company, la société du prince saoudien Al Waleed, afin de permettre à la filiale de la Caisse d'aller sur les marchés du Golfe. « Ce partenariat stratégique se prolonge par la mise en place d'un fonds franco-saoudien d'une taille cible de 400 millions de dollars, qui nous permettra d'accompagner les entreprises françaises souhaitant aller dans cette région », souligne Laurent Vigier. Par ailleurs, le Fonds public russe des investissements directs (RDIF) a alloué 150 millions d’euros à son partenariat avec CDC IC qui apporte la même somme et dont la prise de participation dans Arc International en mars a été la première opération. Ensuite la Chine via son fonds China Investment Corporation (CIC) a choisi le Grand Paris comme terrain de jeu et a apporté 1 milliard d'euros pour y investir, avec une participation de CDC IC opération par opération. Toujours avec CIC, la filiale de la Caisse négocie actuellement pour le développement d'un projet de fonds franco-chinois en pays tiers. Enfin, le Français a annoncé il y a quelques jours son dernier partenariat avec le fonds souverain de la République de Corée, Korea Investment Corporation (KIC) qui disposera de 500 millions d’euros et dont CDC financera au moins 25% de chaque opération. Un portefeuille de partenaires que la filiale de la Caisse des Dépôts compte bien continuer à étendre.
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