Renault : ce que dira Ghosn le 10 février
Le constructeur automobile a dévoilé hier des indicateurs très positifs concernant l'exercice 2010. Mais chacun attend son plan stratégique du 10 février prochain.
Comme toujours, la Bourse a acheté la rumeur et vendu la nouvelle. C'est ce qui justifie qu'après avoir vu son titre grimper de 10 % depuis le début de l'année, et de près de 2 % à l'ouverture ce matin, le constructeur est désormais à la peine sur le marché boursier. Tous les investisseurs anticipaient de bons résultats. Ils semblent être meilleurs que prévu, puisque le chiffre d'affaires s'est inscrit en hausse de 15,6 % à 39 milliards d'euros, avec une marge opérationnelle de 2,8 %. En 2009, Renault avait perdu 3,1 milliards d'euros. Au titre de 2010, l'ex-Régie pourrait bien afficher un bénéfice net de plus de 3 milliards. D'autant que son cash flow disponible a atteint près de 1,7 milliard d'euros, c'est-à-dire un milliard de plus que ce qui était attendu.
Désormais l'ensemble des investisseurs attendent le 10 février, date à laquelle Carlos Ghosn dévoilera les résultats complets de Renault pour 2010, mais surtout son plan stratégique pour le moyen terme. Un plan qui viendra remplacer l'ancien Contrat 2009 rendu obsolète par la crise. WanSquare a eu connaissance en avant-première des grandes lignes de ce plan stratégique, dont le postulat de départ sera un rappel du basculement complet du marché automobile mondial opéré entre 2007 et 2010. En 2007, il s'était vendu sur la planète 70 millions de véhicules. Puis le marché s'est effondré de plus de 10 millions d'unités, dans le sillage de la crise, avant de rebondir à 73,7 millions en 2010. Mais l'Europe a perdu plus de 3 % en termes d'immatriculations et les Etats-Unis 3,2 %. Ce sont donc les pays émergents qui ont permis à l'industrie automobile de rebondir aussi vite.
Carlos Ghosn va donc, à l'occasion de son plan stratégique, insister sur la nécessité de réquilibrer son mix géographique, afin qu'il colle davantage aux marchés en croissance. Il devrait donc insister sur le renforcement des synergies avec Nissan, sur les moyens de développement accordés au coréen Samsung Motors, sur le potentiel de croissance de Dacia et surtout sur le grand pari que constitue le russe Avtovaz, dont Renault détient 25 % (pour un milliard de dollars) avec une option pour passer à 50 %. L'ambition est, à la fois, de profiter du renouvellement du parc automobile russe et de se servir de l'outil industriel d'Avtovaz pour renouveler l'expérience Dacia, en mettant en place une plateforme de production très low-cost de véhicules propres.
Autre élément-clé du plan stratégique de Carlos Ghosn, les efforts faits - et encore à mener - dans le domaine du véhicule électrique où Renault entend être un leader avec Nissan. La forte hausse du prix du baril donne de l'actualité au discours du patron de Renault. A lui d'y apporter de la crédibilité, surtout après la supposée affaire d'espionnage industriel. Enfin une place importante du plan sera faite à la nécessité d'être totalement cash. La dette du groupe a été réduite de 4,5 milliards d'euros en 2010. Mais il reste encore 1,4 milliard à rembourser.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi
17/09/2021 - 10:31

