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Assurance-vie : l'arbitrage vers les unités de compte se fait-il vraiment ?
“Modération” et “réalisme”. Depuis plusieurs mois, le Gouverneur de la Banque de France ne manque aucune occasion pour mettre la pression sur les assureurs. Pour lui, les rémunérations proposées dans le cadre des fonds en euros sont encore trop élevées au regard du niveau des taux d’intérêt. Et même si les rendements offerts aux souscripteurs baissent d’année en année, cela ne lui paraît pas suffisant. Ce qui fait dire à Bernard le Bars, président du directoire de suravenir, interrogé par Wansquare que “Les baisses de rendements seront sans doute plus importantes en 2016 que les années précédentes”.
Pour les assureurs, ce n’est pas une bonne nouvelle car ce contexte de taux historiquement bas va encore durer un bon moment. Problème : les épargnants en assurance-vie sont largement investis en fonds en euros, trop diront même certains puisque parfois ils ont tout placé sur un unique fonds en euros. “Aujourd’hui, on peut dire, sans se tromper, que rester 100% en fonds en euros, ce n’est pas la stratégie à privilégier, lance Bernard Le Bars. Faites la soustraction suivante : 100 ans moins votre âge : vous aurez la proportion de risque que vous pouvez prendre, suggère le patron de Suravenir. Mais il ne faut pas faire ce changement d’un coup : il faut commencer par mettre 10% en UC puis aller vers la proportion qui conviendrait.”
Sauf qu’une majorité d’épargnants, à petits ou gros revenus d’ailleurs, ne l’entendent pas ainsi, et souhaitent rester totalement investis en fonds en euros. Ainsi à la fin août 2016, les versements sur unité de compte représentaient un montant de 17,4 milliards d’euros depuis janvier, soit seulement 19% des cotisations versées sur la même période. “Il y a un enjeu fort de pédagogie sur les unités de compte, reconnaît Anthony Bonnet, Directeur Développement du Pôle Finance/Epargne du groupe Macif. Expliquer ce que sont les UC, l’intérêt d’investir une part de son épargne selon ses projets… Rassurer, grâce à un discours clair et à un accompagnement adapté.” Finalement, il semble que cela soit plus la relation confiance entre l’assureur et son assuré qui permettent le basculement et, moins l’envie de détenir des UC.
Pour réussir ce passage, les assureurs déploient pas mal d’énergie, tout en faisant preuve de réserve sur le sujet. Ainsi pour le mutualiste basé Niort, il est hors de question de forcer la main à ses clients : “Nous accompagnons nos clients par le devoir de conseil, rappelle Anthony Bonnet. Le conseiller propose un investissement UC adapté au besoin du client en fonction de ses projets, son horizon de placement (moyen ou long terme) et son profil (prudent, équilibré ou dynamique). Pas d’UC pour les UC, nous guidons nos clients dans leur intérêt”.
Concrètement ses conseillers s’appuient sur des simulateurs et n’hésitent pas à réaliser des entretiens de 45 minutes pour répondre à toutes les questions que le contexte actuel entraîne. A la Macif, le mouvement vers les unités de compte est récent puisqu’il remonte au début de l’année 2016 avec le lancement d’un nouveau contrat. Depuis, les unités de compte ont pris une part de 10% dans les positions sur ce contrat multi-support. SwissLife, Spirica ou encore Suravenir ont entamé le mouvement depuis plus longtemps. Ils savent que les produits comme les SCPI ou les OPCI offrent tout autant de sécurité que les fonds en euros avec des rendements plus intéressants.
Mais globalement, une large part des épargnants demeure toujours récalcitrante. “Ce sont des clients qui n’ont pas envie de faire des choix seuls, explique Bernard Le Bras. Ils ont peur de choisir telle ou telle SCPI, tel ou tel produit actions. Pour eux, il y a pourtant une solution : confier la gestion de son contrat à des experts dans le cadre d’un mandat d’arbitrage.” Ils confient ainsi à des asset-managers le soin de choisir pour eux les placements les plus pertinents selon leur profil. Avec le double avantage d’accélérer les arbitrages tout en percevant une rémunération pour ce service. Une chose est sûre, tous les assureurs ont bien compris qu’il y avait urgence et se mettent tous en ordre de marche pour doper leur offre en unités de compte.
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