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Assis sur une montagne de cash, Vivendi reste en embuscade

Le groupe de médias et télécoms a publié un résultat net multiplié par 2,6 en 2014 et a accepté l'offre de Numericable sur le reste du capital de SFR, ce qui va profiter à ses actionnaires. Mais il reste très elliptique sur ses prochains projets dans les médias.
Vincent Bolloré
Vincent Bolloré

Vincent Bolloré s'est employé à parler au présent lors de la conférence de présentation des résultats annuels de Vivendi. Le groupe de télécoms et -surtout maintenant- de médias a publié des résultats conformes aux attentes des analystes, avec un chiffre d'affaires en recul de 1,4% à périmètre et changes constants, à 10,08 milliards d'euros. Un chiffre éloquent puisqu'il était encore double l'an passé et se rapprochait même des 30 milliards d'euros en 2011, lorsque le groupe n'avait pas encore procédé à la vente d'Activision, Maroc Telecom, GVT et bien sûr SFR.

Les filiales qui sont restées dans le groupe ont bien performé: Canal Plus grâce à son développement à l'international tandis qu'Universal Music a réussi à engranger sa part du marché du streaming, en plein essor. Si bien que l'Ebit a progressé de 15,6%, à 736 millions d'euros l'an passé. Le résultat net a quant à lui profité à plein des plus-value de cession de Maroc Telecom et SFR, puisqu'il est multiplié par 2,4 à 4,74 milliards d'euros.

Et ce sont bien sûr les actionnaires qui vont profiter à plein de cette transformation profonde du portefeuille de Vivendi. Car la société a officialisé à l'occasion de ces résultats que son conseil de surveillance avait accepté l'offre d'Altice-Numericable sur les 20% restants de SFR. Cela représente une prime de 20% sur le cours de SFR lors de sa vente le 27 novembre dernier, et une valorisation globale de 17 milliards d'euros, soit le prix qu'avait fixé sa maison-mère, rappelle-t-elle.

La société en profite pour verser 5,7 milliards d'euros à ses actionnaires. Tout d'abord via le versement d'un dividende de 1 euro comme c'était attendu par le marché, dont 80 centimes liés aux opérations de cessions. Mais aussi un programme de rachat d'actions de 2,7 milliards d'euros au prix maximum de 20 euros par action, dans les 18 prochains mois. Enfin, le groupe se fixe pour objectif de verser ce niveau de dividende sur les deux prochains exercices, soit 2 milliards d'euros supplémentaires. Un beau retour à ses actionnaires, qui ont déjà reçu 1,3 milliard d'euros en 2014.

Le groupe en profite également pour annoncer deux nominations à son conseil de surveillance: celle de Tarak Ben Ammar, P-dg de Quinta Communications, groupe de production et distribution cinématographique et proche de Vicnent Bolloré, et Dominique Delport, directeur général d’Havas Media Group.

Mais aucune communication sur l'avenir du groupe ni les intentions de son président du conseil de surveillance, lors de ce rendez-vous officiel. A peine une prévision de marge opérationnelle proche de celle de 2014, et une hausse de 10% du résultat net. Pourtant, à la tête du groupe depuis juin dernier, Vincent Bolloré a toujours comme projet de créer un Bertelsmann français, de rassembler plusieurs pôles de médias au sein d'un grand groupe intégré et puissant. Il n'a certes pas emporté le groupe Express-Expansion, vendu au boulimique Patrick Drahi. Mais il a certainement d'autres cibles en vue et a définitivement les moyens de ses ambitions, puisqu'il affiche 4,6 milliards d'euros de cash après toutes ces cessions, contre plus de 11 milliards de dette fin 2013. Le breton "gentleman raider" fera donc sans aucun doute parler de lui en 2015.


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