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Cherche épargne longue désespérément

Réformes réglementaires obligent, l'épargne longue, pourtant indispensable, est de plus en plus difficile à mobiliser.
Confrontés à une vague réglementaire sans précédent, les membres de la place de Paris souhaitent encourager l'épargne longue. Reste à trouver les outils adéquats et convaincre les régulateurs et les investisseurs. "L'épargne longue, c'est l'oxygène de l'économie", Yves Perrier, CEO d'Amundi, lors du forum annuel de Paris Europlace ce matin. A ses yeux, l'épargne longue est indispensable à l'investissement et donc à la croissance. Elle est aussi cruciale pour financer les retraites. Or, les particuliers français préfèrent investir dans la pierre et, quand ils se tournent vers les marchés, c'est majoritairement pour acheter des produits de taux et non des actions. Ils apprécient bien les produits d'assurance-vie. Mais, compte tenu de ses exigences de liquidité, "ce n'est pas un produit destiné à la retraite", a martelé Paul-Henri de La Porte Dutheil, président de l'Association Française de Gestion Financière. Quant aux investisseurs institutionnels, ils sont largement incités à se désengager des actifs considérés comme risqués, avec les réformes de Bâle III et Solvabilité II. Cette dernière réforme pourrait introduire plus de volatilité du capital réglementaire. Sans parler de la généralisation des IFRS, qui risquent de rendre le bilan des entreprises plus volatil en donnant une large part à la "fair value" et en ne tenant pas compte de l'horizon parfois très long de détention des actifs. "On est en train de rater un des objectifs fixés par le G20, qui est d'avoir un peu moins de procyclicité dans les marchés financiers", a regretté Jean-Pierre Grimaud, ancien président de l'association française des "zinzins", Af2i, et CEO de Swisslife. Il n'est pas le seul à grincer des dents à propos de Bâle III et Solvabilité II. "Il faut aménager ces dispositifs", a défendu Augustin de Romanet, CEO de la Caisse des Dépôts, estimant que Bruxelles ne prend pas assez en compte l'objectif de financement de l'économie à long terme. Même s'il reconnaît qu'il est peut-être un peu tard pour se réveiller, le patron de la CDC assure que l'on peut encore, comme le font les allemands, chercher à obtenir des dérogations à ces régulations pour assurer le financement des entreprises désireuses d'avoir des actionnaires de long terme. Outre le fait d'attirer davantage les fonds souverains, Augustin de Romanet suggère plusieurs pistes d'évolutions pour les entreprises. Il pourrait être intelligent de créer des "project bonds" pour permettre aux entreprises de financer des infrastructures, et de renforcer le rôle des rehausseurs de crédit. Côté particuliers, c'est la fiscalité française qui est montrée du doigt. "L'épargne est d'autant plus taxée qu'elle est à long terme", dénonce Yves Perrier, CEO d'Amundi. Il faudrait, selon lui, développer des produits structurés avec des actions qui répondent mieux aux objectifs de performances des investisseurs. Enfin, il faut renforcer l'attractivité de la place de Paris, pour attirer des investisseurs du monde entier. Certains produits, soigneusement encadrés comme les OPCVM, y contribuent largement.
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