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Les résultats des entreprises US, révélateurs de la vigueur de la reprise
Oublié le mouvement de panique de la semaine dernière, lorsque l'indice de volatilité était remonté en flèche et que les investisseurs s'alarmaient de la croissance mondiale et de l'évolution des politiques monétaires. Cette semaine, le S&P 500 a gagné 3,6%, boosté par de nombreuses publications de résultats trimestriels des sociétés américaines.
"Globalement, les corporates ont publié des résultats satisfaisants, avec une croissance des toplines et des hausses de marges, qui ont démontré que les craintes sur la situation macro étaient injustifiées", analyse Hugues Le Maire, président de Diamant Bleu Canada et gérant du fonds global macro Diamant Bleu Monde LFP. Preuve en est, selon le gérant: le dynamisme affiché par Stanley Black&Decker, Mattel ou encore Harley Davidson lors de leurs publications, trois valeurs représentatives des "consumer goods", ces dépenses discrétionnaires très liées à la confiance des consommateurs.
Les financières ont elles aussi délivré un message positif, et ce son de cloche est très important de la part des banques régionales et commerciales, qui donnent le pouls en direct de l'état de l'économie américaine. A cet égard, Wells Fargo a révélé une baisse encourageante de ses provisions pour créances douteuses, Northern Trust ou encore US Bancorp ont toutes deux dévoilé des hausses de leurs résultats et de leurs Tier One, qui devraient bientôt être suivis par de meilleurs revenus, décrypte Hugues Lemaire.
Côté industriel, les sociétés US ont démontré leur solidité et délivré de très bons résultats trimestriels, qu'il s'agisse de Boeing (+20% de résultat net sur l'année) ou General Electric qui est en pleine mutation vers un business model moins financier, et désormais basé à 75% sur l'industriel. Caterpillar dans la construction, Newcore dans l'acier ou encore Schlumberger dans le pétrole et gaz ont démontré que les corporates sont bien armés pour dégager de la rentabilité, et que même avec un baril en baisse mais supérieur à 80 dollars, elles ont encore de confortables marges de manoeuvre. "Les entreprises américaines ont tout pour réussir, elles paient leur énergie moins cher qu'en Europe ou au Japon (avec la baisse du yen), et elles distribuent à un marché de 400 millions de consommateurs, dans une zone où la croissance est attendue de 3,2 à 3,8% du PIB l'an prochain", relève Hugues Le Maire.
Dans ce contexte favorable, les déconvenues enregistrées par quelques entreprises, comme Coca-Cola ou McDonald's dans la grande consommation, IBM, Amazon ou encore Ford ce matin ne sont donc pas liées à des dynamiques macros, mais plutôt aux problèmes de positionnement stratégique de ces entreprises dans leur corps de métier. Les résultats positifs publiés en parallèle par DrPepper, Microsoft, Yahoo ou encore General Motors démontrent qu'il est possible de générer de la croissance dans ces différents secteurs.
Puisque la reprise semble installée, et malgré une inflation toujours modeste (1,7% sur un an en septembre), la Fed pourrait-elle en tirer des conclusions pour sa politique monétaire? Ce serait méconnaître la situation des consommateurs américains, qui affichent un taux d'endettement moyen de 160% de leurs revenus disponibles et où même les emprunts à taux fixe sont révisés tous les cinq ans. "La Fed ne veut surtout pas reproduire le scénario de 2008, donc elle va rester très pragmatique", décrypte Hugues Lemaire. Diamant Bleu Gestion ne mise donc pas sur une hausse prochaine des taux directeurs outre-Atlantique, et anticipe que la hausse du prix des actifs risqués va se poursuivre pour le moment, avec la bénédiction de Janet Yellen.
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