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Accès des PME au marché : ce n'est pas gagné

L'accès des entreprises de taille moyenne et intermédiaire à la Bourse doit être facilité, alors que les banques risquent de se désengager du financement de l'économie.
Les PME et ETI ont tout intérêt à accéder à la bourse même si cela reste difficile. Le gouvernement souhaite les aider. Des émissions obligataires pourraient bientôt être lancées. Si les introductions en bourse ont repris cette année (24 en 2010 contre 2 en 2009), le marché des PME et ETI cotées reste de petite taille. Selon le rapport de l'observatoire du financement des entreprises par le marché, rendu aujourd'hui, il compte 574 entreprises, essentiellement de taille intermédiaire. Ce chiffre est stable depuis trois ans. De quoi inquiéter Pascal Imbert, président de Middlenext, l'association des valeurs moyennes cotées, qui n'hésite pas à parler d'une situation "presque dramatique". Alternext, qui regroupe 133 entreprises paraît bien petit à côté de son homologue londonien qui en compte 1194 ! Ces entreprises ont pourtant tout intérêt à aller en bourse. "Les contraintes de financement des PME-ETI cotées paraissent moins importantes que celles des non cotées", souligne une étude de la Banque de France à paraître jeudi. Comparées aux entreprises qui ne sont pas en bourse, elles sont moins endettées, mieux dotées en fonds propres et investissent davantage. Surtout, les PME qui font très majoritairement appel aux banques pour se financer, vont dépendre davantage du marché. Réformes prudentielles obligent : celles-ci devraient devenir plus sélectives, moins généreuses et proposer des crédits à plus court terme. Dans ce contexte, le président de l'observatoire, Thierry Giami et le médiateur du crédit, Gérard Rameix, doivent faire des propositions au gouvernement en octobre prochain pour relancer le marché . Plusieurs initiatives ont déjà été prises pour adapter les règles d'accès au marché, notamment dans la loi de régulation bancaire et financière. Les directives Transparence et Prospectus en débat devraient aussi simplifier la vie des PME et ETI cotées. La Caisse des dépôts y a investi 111 millions d'euros supplémentaires. A l'avenir, l'observatoire propose de stimuler l'investissement dans ce segment via des émissions obligataires groupées ou individuelles. Souvent, les entreprises de taille petite ou intermédiaire se heurtent aux agences de notation qui ont un "préjugé radical" à leur encontre, soutient Thierry Giami. Qui plus est, les opérations obligataires individuelles sont souvent trop petites pour être notées par les investisseurs. Des membres de l'observatoire affirment cependant que les agences de notation évoluent. Des levées de dette pourraient être lancées rapidement, selon Middlenext. L'association milite aussi pour créer une bourse dédiée aux PME distincte d'Alternext. "Aujourd'hui cette mission d'intérêt général n'entre pas dans la feuille de route de l'opérateur de marché", affirme Pascal Imbert, son président. "Vous ne relancez pas un marché sans investisseur", réplique Marc Lefèvre, directeur du listing chez NYSE Euronext, soulignant que le groupe n'a de cesse de tenter de faire connaître le marché.
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