Accor tient la note
Le groupe hôtelier a confirmé la bonne tenue de l'activité avec des résultats en ligne, une excellente gestion de son bilan et surtout un généreux dividende. Les investisseurs apprécient.
Accor n'a pas fait de fausse note lors de la publication de ses résultats annuels, bien au contraire. Le groupe hôtelier a confirmé une tendance qui se dessinait depuis le début de l'année 2011, à savoir une croissance solide et l'amélioration sensible de la rentabilité du groupe, qui permet un assainissement substantiel du bilan. Mais c'est surtout l'annonce d'un dividende extraordinaire de 0,65 euro par action qui a remporté l'adhésion des investisseurs, qui font bondir le titre de près de 5% dans un marché en légère baisse.
Dans le détail, Accor a validé les acquis avec un chiffre d'affaires qui passe cette année la barre des 6 milliards d'euros, en hausse de 5,2% à périmètre et taux de change constants. Le résultat d'exploitation atteint le haut de la fourchette de prévision à 530 millions d'euros, soit une marge de 8,7% en hausse de 2 points sur l'année. Tout cela permet au groupe emmené par Denis Hennequin de présenter un résultat net positif de 27 millions d'euros, ce qui n'aurait pas été le cas en 2010 sans la plus-value enregistrée par la scission d'Edenred, le pôle de services entré en Bourse.
La satisfaction des investisseurs ce matin vient également de la très bonne gestion de trésorerie du groupe. Accor a réduit sa dette nette de 504 millions d'euros grâce à la cession de Lucien Barrière et de Lenôtre dans de très bonnes conditions, mais aussi à la vente de murs d'hôtels qui lui permettent de revendiquer aujourd'hui un modèle "asset-light" bien moins capitalistique. La seule surprise négative du compte de résultat consiste en 113 millions d'euros de charges de dépréciations, ce qui est plutôt une bonne nouvelle dans la mesure où elle montre qu'Accor est en train d'assainir son bilan, ce que nombre de ses pairs cotés ne se sont pas encore résolus à faire.
Surtout, cette démarche pourrait traduire un effort de recadrage comptable de Motel 6, la filiale américaine d'hôtellerie économique aux Etats-Unis en difficultés. Sa cession, qu'Accor a reconnu envisager ce matin, rapporterait 500 millions d'euros mais surtout dégagerait plus d'1 milliard d'euros du bilan du groupe.
Dernière heureuse surprise pour les actionnaires, au premier rang desquels Colony Capital et Eurazeo: le versement d'un dividende de 1,15 euro, dont 50 cents exceptionnels. C'était précisément ce qui avait été reproché au groupe lors de la présentation de son ambitieux plan 2015, en septembre dernier, où Accor avait indiqué - horreur! - vouloir utiliser le fruit de ses efforts de désendettement à des investissements et acquisitions. Les actionnaires sont comblés: en l'absence de cible immédiate, ils sont grassement remerciés avec un ratio payout qui culmine à 88%.
Accor ayant déjà réalisé la moitié de son programme de cessions d'actifs 2011-2012 (1,2 milliard d'euros), il peut envisager l'avenir avec confiance, d'autant que l'activité reste bien orientée, grâce à l'augmentation du taux d'occupation (surtout dans les pays émergents), couplée à des hausses de prix (surtout dans l'hôtellerie économique). Dans ces conditions, le rebond de 40% de l'action depuis le début de l'année, qui fait désormais ressortir un multiple de 12,6 fois l'Ebit et 22,9 fois le résultat net prévus en 2012, pourrait bien ne pas être suffisant.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi
17/09/2021 - 10:31

