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Troisième trimestre de rupture pour Casino
Troisième trimestre de rupture pour Casino, qui annonce un volume d’affaires de 10,4 milliards d’euros durant cette période en hausse de presque 7% (en prenant en compte l’impact des franchisés). Rupture, tout d’abord au niveau de l’activité connue au Brésil. Après plusieurs trimestres d’assez grosses difficultés sur cette zone, surtout en raison des performances réalisées dans le non alimentaire, le pays retrouve des couleurs. Le continent sud-américain affiche même de très beaux résultats dans l’alimentaire (+ 20,8% en croissance totale, +13% en organique, +8,2% en comparable). Même la partie non alimentaire a manifestement touché un plancher avec une croissance totale de 14,8% (+2% en comparable). « Evolution plutôt rassurante puisqu’elle traduit un coup d’arrêt à la baisse connue ces derniers mois », souligne le directeur financier de Casino, Antoine Giscard d’Estaing. A noter d’ailleurs que le distributeur met la touche finale actuellement à une réorganisation de ses différentes filiales brésiliennes. Après avoir détricoté l’ensemble e-commerce bâti autour de CNova, introduit puis retiré de la Bourse américaine avant les vacances, l’antenne de produits bruns et d’ameublement Via Varejo est sur le point de fusionner avec l’antenne de e-commerce Nova. Ce nouvel ensemble restera-t-il dans le giron du groupe de distribution ? Rien n’est moins sûr, tant le potentiel du Brésil repose sur le commerce alimentaire.
Autre élément de rupture : les parités de change. Après avoir notablement affaibli les performances du groupe, elles lui sont aujourd’hui plus favorables. Ce qui devrait tout autant améliorer les niveaux de rentabilité sur l’année.
En France, le contexte demeure difficile et fragile. L’été n’a pas été très propice pour les magasins parisiens (surtout Monoprix et Franprix) après la série d’attentats. Et ce, après un deuxième trimestre déjà pénalisé par une mauvaise météo et des grèves. L’activité totale s’inscrit en recul de 1,1% (-0,6% en comparable). « La tendance de fonds est pourtant plutôt orientée à la hausse si l’on prend en compte le poids des franchisés », précise le directeur financier. Si le groupe continue d’ailleurs d’ouvrir des magasins Monoprix et Franprix en propre, les plus petits formats se développent essentiellement via la formule de la franchise.
Pour l’année en cours, Antoine Giscard d’Estaing ne se montre pas vraiment inquiet, assurant que la prévision déjà annoncée d’un ROC (résultat opérationnel courant) de 500 millions d’euros était confirmée. Les prochaines annonces sont prévues en février de l’année prochaine pour les performances annuelles.
Ces annonces n’ont manifestement pas convaincu les investisseurs, l’action ayant finalement perdu 2,11% ce jeudi, la poussant dans le rouge depuis le début de l’année (-1,5%). Si le titre avait retrouvé le sourire après les opérations de cession d’actifs en Thaïlande et au Vietnam, il est de nouveau maltraité ces derniers temps, les distributeurs n’ayant, de toute façon, pas vraiment les honneurs des analystes financiers. Ceux-ci sont surtout circonspects sur le potentiel de reprise de la consommation en France. Et même si Casino comme Carrefour ont mis les bouchées doubles pour développer les magasins de proximité en centre-ville, les retours sur investissement ne sont pas immédiats.
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