Dividendes : portrait robot des entreprises les plus généreuses
En 20 ans, les secteurs de la finance et de l'énergie se sont révélés les plus généreux en matière de dividendes versés, selon l'IFGE. Lorsque l'Etat est actionnaire, la distribution est également boostée.
Quel est le profil type de l'entreprise qui verse le plus de dividendes à ses actionnaires ? Il s'agit d'une grande société, détenue par l'Etat ou par des investisseurs financiers et dont les activités sont centrées soit sur les secteurs financiers, soit spécialisées dans le domaine de l'énergie. Entre 1992 et 2011, l'échantillon de 400 sociétés retenu par l'Institut français du gouvernement des entreprises (IFGE) -auteur de cette étude publiée en partenariat avec MiddleNext- a distribué plus de 550 milliards d'euros de dividendes. Un montant multiplié par 7 sur 20 ans à 43 milliards d'euros par an. "La croissance est constante avec une accélération avant la crise de 2008, et une diminution depuis", précise l'organisme.
Bien que les sommes versées soient plus importantes qu'il y a deux décennies, le taux de distribution est resté stable autour des 30%. C'est-à-dire que les groupes n'ont pas fait plus d'efforts pour rémunérer le capital investi en fonction de la richesse générée. Toutefois, les chiffres varient considérablement en fonction du type du premier actionnaire. "Les entreprises individuelles, familiales et dans une moindre mesure celles dont le premier actionnaire est une entreprise, distribuent entre 20 et 30% de leurs résultats, les autres sont au dessus de ce seuil avec des pointes à 40% pour les entreprises publiques", a constaté l'IFGE.
La concentration des actionnaires joue également un rôle important. Les entreprises dont l'actionnariat est dispersé ont versé 37% du total des dividendes sur la période étudiée, alors qu'elles ne représentent que 5% de l'échantillon. "L'effet de taille joue ici car on trouve une plus forte proportion d'entreprises géantes", précisent les auteurs. En revanche, les sociétés ayant un actionnaire dominant sont en dessous de la moyenne (13%).
La discrimination peut ensuite se faire par domaines d'activités. Les secteurs de la finance et de l'énergie sont les plus rémunérateurs. Les premiers ont distribué 19% (banques 10%, assurances 7%) des dividendes alors qu'ils représentaient 6% du PIB marchand en 2010. De même pour les activités liées aux matières premières, qui ont payé 16% des dividendes dont 13% rien que pour le pétrole et le gaz alors même qu'elles ne pèsent "que" 4,8% du PIB. A l'inverse, le groupes centrés sur les voyages et les loisirs ne comptent que pour 2% de la contribution, tout comme le secteur de la technologie.
Dans la même logique, ce sont donc les plus grandes sociétés qui génèrent les plus gros flux de dividendes. "Comme les assurances, les banques et les entreprises pétrolières font essentiellement parties de cette catégorie, on explique ainsi la surpondération de ces secteurs", arguent les auteurs. Ainsi, les sociétés dont le chiffre d'affaires dépasse les 7,5 milliards d'euros ont versé près de 470 milliards d'euros. Soit bien plus que les contributions des grandes entreprises (32 milliards d'euros), des PME (3 milliards) et des ETI (49 milliards). "Plus celles-ci (les entreprises, ndlr) font appel au marché, plus elles doivent maintenir des dividendes élevés", explique l'IFGE. Fait marquant : la contribution de chacune de ces catégories a été bousculée sur la période 1992-2011. Pendant que les groupes géants multipliaient par cinq leurs dividendes, les PME divisaient par tout autant les leurs. Les ETI ont, elles, maintenu leurs niveaux de distributions.
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