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Mercialys : la martingale de Naouri

En externalisant à temps l'immobilier des galeries commerciales Casino, Jean-Charles Naouri a réussi ce que Carrefour tarde à faire.
Il faut s'y reprendre à deux fois pour lire les comptes définitifs et détaillés de Mercialys au titre de l'année 2009, tant ils sont bons, tant surtout ils ne sont en rien affectés, ni par le climat maussade de l'immobilier, ni par l'atonie de la grande consommation constatée auprès de certaines enseignes d'hypermarchés. Mercialys est une société foncière qui rassemble environ 170 galeries commerciales attenantes à des hypermarchés du groupe Casino et qui détient un patrimoine de l'ordre de 2,4 milliards d'euros. Mais le gros avantage de cette "foncière captive", c'est que seulement 20 % de ses loyers environ proviennent d'enseignes du groupe Casino, l'essentiel étant issu d'enseignes nationales. En donnant le jour à cette société Jean-Charles Naouri a pu valoriser une grosse part de l'actif immobilier de son groupe, tout en constituant un actif coté digne d'intérêt pour les investisseurs institutionnels, de par sa visibilité. C'est ainsi que l'an dernier Mercialys a perçu 125 millions d'euros de loyers, un montant en progression de 15 % par rapport à celui de l'année précédente. Le taux de rendement moyen apporté par les loyers en comparaison de la valeur des actifs immobiliers s'établit à plus de 6 % en hausse de 30 points de base par rapport à celui de l'an passsé. Tout cela permet de comprendre pourquoi dans une conjoncture défavorable pour l'immobilier et pour la consommation la société a pu, à la fois publier un résultat net de 93 millions d'euros en croissance de 15 %, et ne pas avoir à subir de dépréciations dues à des dévalorisations immobilières, en dépit d'expertises menées de manière régulières. Ce que Jean-Charles Naouri a fait avec l'immobilier de Casino, Carrefour en rêve toujours. Il y a pourtant loin de la coupe aux lèvres, surtout dans un groupe de distribution où les gérants de magasin n'étaient pas habitués jusqu'ici à payer des loyers selon les normes du marché. Une grande partie de l'intérêt porté par Bernard Arnault et Sébastien Bazin à Carrefour repose sur la capacité à valoriser son patrimoine immobilier, comme Naouri a su le faire. Mais il faudra beaucoup de temps, d'énergie et de force de conviction avant de parvenir à un résultat équivalent.
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