Le recentrage de la Générale
Les nouveaux promus à la BFI et à la direction financière illustrent les chagnements imposés par la crise et la reproduction du modèle Oudea
A chacun son rythme. Les nouveaux dirigeants du Crédit Agricole, nommés début 2010, avaient pris quelques mois pour décider de réduire la voilure dans la banque de financement et d'investissement au profit de la banque de proximité.
Le changement, annoncé il y a un an et renforcé il y a dix jours en raison de la crise de la dette, avait notamment été symbolisé par l'arrivée d'un ingénieur diplômé de l'Agro et des eaux et Forêts à la place d'un ENA Cour des comptes qui avait lui-même succédé à un virtuose des marchés venant de la Générale qui avait fait connaître à la banque verte les délices et les poisons de la finance reine.
La Société Générale, précisément, prend plus de temps pour s'adapter. Après le choc Kerviel qui lui avait coûté 5 milliards d'euros, c'est un spécialiste des marchés et des dérivés, venu de Paribas et de Bear Stearns que Frédéric Oudea, nommé directeur général en avril 2008, avait placé à la tête de la BFI un mois plus tard avec pour mission de faire de la Soc Gen un des trois premiers acteurs européens de la banque de financement et d'investissement.
Le prochain départ de Michel Pérétié et son remplacement par le directeur financier de la Générale, Didier Valet, 43 ans, X ENSAE illustre clairement que l'heure est bien au recentrage et à la réduction du poids des métiers de BFI, à la Générale comme à la banque verte.
Ce mouvement illustre aussi l'importance de la fonction de CFO dans une grande banque comme la Soc Gen. C'est au titulaire de ce poste que le conseil d'administration avait fait appel pour remplacer Daniel Bouton, fragilisé par l'affaire Kerviel, en pleine tourmente. C'est à son propre successeur que Frédéric Oudea confie donc les rênes de la BFI dans une période délicate.
Le choix de Bertrand Badré, 43 ans, ENA, inspecteur des finances, passé par Lazard et le Crédit Agricole pour devenir le nouveau CFO montre à quel point le poste, en prise directe avec les problèmes de fonds propres, les investisseurs et analystes, demeure stratégique par les temps qui courent. Bertrand Badré qui exerçait cette fonction depuis trois ans à d'ailleurs été remplacé par un énarque au profil similaire à la banque verte. Et si la Soc Gen mène bien sa barque pendant les temps difficiles qui s'annocent tous les espoirs lui sont permis.
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17/09/2021 - 10:31

