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Bolloré met entre parenthèses l'aventure boursière de Blue Solutions
Le principe de l’opération avait été annoncé en mars dernier, il trouve aujourd’hui sa concrétisation : Le groupe de Vincent Bolloré a déposé ce mardi un projet d'offre publique d'achat sur 11% du capital de Blue Solutions, sa filiale spécialisée dans le stockage d'électricité afin d’en récupérer 100%. Prix proposé: 17 euros par action. Soit un assez bon prix au regard des niveaux atteints juste avant l’annonce du projet de rachat en mars, l’action ayant alors touché un plus bas historique de 9,60 euros. Rappelons que le groupe avait été introduit sur la base de 14,50 euros en octobre 2013 et qu’il avait grimpé jusqu’à 36,60 euros en juillet 2014, avant de retomber progressivement, au rythme d’une activité plus poussive qu’escompté.
Blue Solutions, crée en 2001, est spécialisé dans la production de batteries utilisant la technologie LMP (Lithium Métal Polymère), différente de la technologie lithium-ion, aujourd'hui dominante dans les applications liées aux transports. Son destin a soudainement été dopé par le lancement fin 2011 des Autolib à Paris, utilisant des voitures Bluecar équipées de batteries Blue Solutions. Mais la concurrence (surtout asiatique) fait rage et le groupe de Vincent Bolloré a d’ailleurs reconnu, dès l’an dernier que la montée en puissance des ventes serait lente. D’où le rachat des minoritaires de Blue Solutions qui restera toutefois coté en Bourse, l’initiateur n’ayant demandé ni retrait obligatoire (RO), ni radiation des actions.
Une petite épine dans le pied de l’homme d’affaires breton qui se bat en parallèle en Italie pour tenter de conserver la main alors que le régulateur transalpin lui a intimé de réduire sa position soit dans Telecom Italia, soit dans Mediaset. En attendant de savoir si sa contestation sera entendue, il semble clair que Vivendi n’a pas vraiment l’intention de revoir à la baisse ses ambitions chez Telecom Italia où il vient de placer Arnaud de Puyfontaine à sa tête. Chez Mediaset, le dossier est plus compliqué car le Français s’oppose ici à l’incarnation de la toute puissance de l'industrie italienne, à savoir la famille Berlusconi. Et même si Vincent Bolloré est très bien introduit au sein de l’establishment transalpin, il devrait avoir du mal à obtenir gain de cause.
Quel que soit le résultat final de cette offensive italienne, les grands acteurs tels que Vivendi sont aujourd’hui à la recherche d’opérateurs susceptibles de relayer leur production de contenus. C’est d’ailleurs plutôt dans ce sens que devrait dorénavant s’opérer la consolidation européenne dans le domaine des télécoms, ne serait-ce qu’en raison du regard de plus en plus intransigeant des organes anti-trust.
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